Conseil du mois d’avril 2008 : points forts

9 avril 2008

PROGRAMME CINEMA 2007-2008
- 15 avril : les Justes.
- 15 mai : Le gône du Chabaa : Débatteur Azouz Bagag.
- 5 juin : Fievel : Débattrice Arlette Weber

PROGRAMME CINEMA 2008-2009 (en chantier)
- Octobre : Le protocole de la rumeur : Débatteur Bernard Jouanneau
- Novembre : La trahison — Les Harki : Débatteur Guy Zerhat
- Mardi 27 janvier 2009 : La petite prairie aux bouleaux – la Shoah : Débattrice Marceline Ivens ou Anouk Aimée
- Février : Au nom de la liberté – l’Afrique du Sud
- 5 mars : Les chemins de la liberté – Les Aborigènes d’Australie : Débattrice : Barbara Glowczweski du Collège de France
-2 avril : It’s a free world
-5 mai : L’Affiche rouge : Débatteur Franck Cassenti
-4 juin : Joue la comme Beckham : Débattrice ; Arlette Weber

PROGRAMME DU FESTIVAL DE FILMS 2008

Dates : du 1er au 3 décembre 2008
Trois matinées, trois films pour commémorer le 60ème anniversaire de la déclaration des droits de l’homme.

Trois films sur les dictatures :

- Un film sur les JO de 1936

- Rangoon (la dictature birmane)

- L’année dernière à Vichy (le régime de Vichy en France)


Débat au conseil : la Chine, le Tibet, le Darfour, le boycott ?

9 avril 2008

Voilà le thème du débat qui a suivi la réunion du conseil de Mémoire 2000 du mois d’avril. En ouverture, l’avis personnel de Bernard Jouanneau, président de l’association :

Boycotter les Jeux olympiques de Pékin à cause du Tibet et de la violation des droits de l’homme par la Chine n’a pas de sens. La France qui en prendrait l’initiative a très peu de chances de se voir suivie par les autres nations. Tout au plus risquerait-elle, ce faisant, de passer inaperçue.

Seuls les athlètes et les sportifs devraient d’ailleurs en décider, faute au comité olympique français de le faire. En tous cas l’Etat ni les associations n’ont en ce domaine aucun pouvoir.

Boycotter la cérémonie d’ouverture des Jeux en pratiquant la politique de la chaise vide n’a pas plus de sens, si dans le même temps on continue d’entretenir des relations commerciales avec la Chine pour leur vendre des centrales ou le TGV. On ne peut pas demander aux industriels de rayer de leur portefeuille de commande 2 milliards et demi de clients potentiels.

Proposer aux athlètes de porter un badge “Pour un monde meilleur” est d’une rare hypocrisie et dépourvu de la moindre signification. Qui peut être pour un monde pire ?

Ne rien faire parce que les jeux sont faits et qu’ils ont été décidés en leur temps relève de la politique de l’autruche. Ce n’est pas parce que d’autres se seraient fourvoyés il y a 6 ans en choisissant la Chine pour les Jeux olympiques de 2008 qu’il ne faudrait rien faire, si la Chine n’a pas tenu ses engagements.

Lesquels engagements, au demeurant ?

Quitte à proposer une action significative, autant la proposer aux médias qui retransmettront les Jeux en leur demandant de boycotter les résultats chinois des Jeux olympiques.

Les Chinois ont invité le monde entier. Allons y. Que les jeux se déroulent et même avec eux s’ils veulent y participer. Mais rien ne nous oblige à les faire profiter de l’écho médiatique qu’ils en attendent. Rien n’oblige les chaînes de télévision de diffuser les cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux et les spectacles auxquels elles donnent lieu. Rien n’interdit aux agences de presse d’occulter les résultats des performances accomplies par les sportifs chinois. Sauf le respect de principe de discrimination.

Alors, que reste-t-il possible de faire ?

Aller à Pékin, participer aux jeux, respecter les athlètes et l’esprit Olympique, annoncer les résultats et supprimer la fête et le commerce qui vont avec. Ce n’est pas les Chinois qu’il faut sanctionner, ni les athlètes, mais ceux qui s’apprêtent à en tirer profit.


Les Parisiens sous l’occupation… une mémoire tronquée ?

9 avril 2008

PHOTO
Polémique autour d’une exposition sur Paris occupé
NOUVELOBS.COM | 08.04.2008 | 12:32
L’exposition “Les Parisiens sous l’occupation” à la Bibliothèque historique de la ville de Paris regroupe 270 photographies inédites d’André Zucca, photographe “réquisitionné” par les nazis à leur propagande. Une information peu mise en valeur pour le visiteur.

L’exposition “Les Parisiens sous l’occupation”, qui a débuté le 20 mars dernier à la Bibliothèque historique de la ville de Paris, suscite la controverse en mettant en avant André Zucca, photographe “réquisitionné” en 1941 pour participer au magazine de propagande nazie “Signal”, créé en 1940 par Goebbels. André Zucca, “autorisé” par le 3ème Reich à disposer de films couleur, a réalisé les seules images en couleur prises sur le Paris occupé. Ainsi, sur les 270 photographies inédites sur cette période, seuls deux clichés montrent des juifs portant l’étoile jaune. Les terrasses de café, le zoo de Vincennes ou la foire du Trône donnent plutôt l’image d’une ville insouciante et peu meurtrie par la présence de l’occupant.

Arrêté puis libéré

L’exposition rappelle assez brièvement ces informations cruciales. Une feuille volante signale cependant au visiteur à l’entrée de l’exposition qu”‘il semble que ces photographies n’aient jamais été publiées, que son travail [d'André Zucca, ndlr] soit resté en marge de la Propaganda Staffel, bien que Zucca se soit interdit toute manifestation d’opposition à l’égard de l’occupant”.
André Zucca a été arrêté en novembre 1944 et laissé en liberté provisoire. Il a quitté Paris en mai 1945 pour vivre sous un nom d’emprunt aux environs de Dreux. Il a pu classer ses photos avant sa mort, laissant un témoignage majeur.

Infos sur l’expo ici.


Tribune libre : Et ceux qui tirent sur les manifestants en Chine…?

8 avril 2008

“Ceux qui s’attaquent à la flamme s’en prennent à la paix.”

– Bernard Laporte, secrétaire d’état aux sports, dans 20 Minutes


La justice condamne Renault pour discrimination raciale

3 avril 2008


SOCIAL
DES ÉVOLUTIONS DE CARRIÈRE BLOQUÉES
La justice condamne Renault pour discrimination raciale
LE MONDE | 03.04.08 | 14h39 • Mis à jour le 03.04.08 | 14h39

Renault a été reconnu coupable par la cour d’appel de Versailles, mercredi 2 avril, de discrimination raciale envers deux ex-salariés. Ces derniers estimaient avoir eu des progressions de carrières ralenties voire bloquées du fait de leur couleur de peau. La cour d’appel a, en revanche, débouté trois autres retraités et un salarié.

Le constructeur automobile devra verser 60 000 euros de dommages et intérêts à Daniel Kotor et plus 8 000 euros au titre du préjudice moral. Né au Togo en 1947, M. Kotor avait été embauché en 1971 comme ouvrier spécialisé et avait quitté le groupe comme agent de maîtrise en 2003. L’autre plaignant, Lucien Breleur, à qui Renault devra verser 80 000 euros de dommages et intérêts et 8 000 euros au titre du préjudice moral, est né à la Martinique en 1946. Il était entré chez Renault en 1971 comme électricien automobile et en était parti en 2003.

Dans son arrêt, la cour d’appel estime que Renault devait “réparer le préjudice subi” par les deux salariés, du fait du “blocage de leur carrière et du maintien de leur rémunération à un niveau inférieur à celui qu’il aurait dû être”.

En décembre 2005, le conseil des prud’hommes de Boulogne avait débouté les cinq retraités et le salarié. Selon les attendus du jugement, il y avait bien eu “des différences de salaires, de coefficients, de déroulement de carrières” entre les six plaignants et un panel représentatif de leurs collègues de travail, mais celles-ci ne relevaient pas de la “moindre organisation ou du moindre fait visant à écarter un salarié en raison de ses origines”.

Me Florence Laussucq-Caston, l’avocate de MM. Kotor et Breleur, s’est félicitée de l’arrêt de la cour d’appel. “Nous disposions de leurs entretiens individuels d’appréciation depuis le début des années 1990. Il ressort dans ces entretiens qu’ils étaient bien notés, qu’ils étaient motivés et faisaient des efforts de formation. Nous avons comparé leur déroulement de carrière chez Renault par rapport à dix autres salariés embauchés au même niveau, tous ont eu une évolution plus importante qu’eux”, affirme-t-elle.

LE GROUPE SE DIT “SURPRIS”

La cour reproche à Renault de ne pas avoir pu justifier par des éléments objectifs cette absence d’évolution constatée sur une période de quatorze ans pour M. Kotor et de vingt-sept ans pour M. Breleur.

Le constructeur s’est dit “déçu” et surtout “surpris” de la décision de la cour, compte tenu du rapport d’expertise apporté aux prud’hommes. “Nous avons essayé de démontrer qu’il n’y avait pas eu discrimination raciale mais compte tenu de l’ancienneté des faits, c’était difficile. Tous les éléments n’ont pas été conservés. Les supérieurs hiérarchiques de ces salariés sont partis à la retraite”, indique la direction de la communication du groupe.

Le groupe, dont l’ancien patron Louis Schweitzer (par ailleurs président du conseil de surveillance du Monde) préside actuellement la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde), souligne qu’il condamne “le racisme sous toutes ses formes” et ne pratique “en aucun cas” la discrimination.

Il rappelle qu’il a signé, en 2004, une déclaration des droits sociaux fondamentaux avec toutes les organisations syndicales françaises, belges, espagnoles et allemandes et les syndicats mondiaux de la métallurgie, ainsi qu’une charte de la diversité.

Nathalie Brafman
Article paru dans l’édition du 04.04.08


Rapport de la CNCDH

1 avril 2008

On peut vous citer les articles de presse sur le rapport 2007 de la CNCDH, mais on ne peut vous le faire lire. En effet, plusieurs jours après la diffusion à la presse du rapport, le peuple français ne peut toujours pas le lire rapport de ses propres yeux, puisque le rapport n’est pas encore publié sur le site de cette institution officielle.

Vu dans Libération

Les actes régressent mais certains préjugés restent
CATHERINE COROLLER
QUOTIDIEN : samedi 29 mars 2008

S’agissant des Juifs, des Maghrébins et des Noirs, bref, des minorités en général, les Français sont plutôt moins racistes. De même, et contrairement à ce que tentent de faire croire Nicolas Sarkozy et ses ministres, ils se montrent plutôt ouverts vis-à-vis des immigrés et de l’immigration. S’agissant, en revanche, de l’islam et des musulmans, ils restent méfiants, même si leur perception a été moins négative en 2007 qu’en 2006.

Satisfaction.Comme chaque année, la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), a remis vendredi son rapport (1) au Premier ministre. Satisfaction, le nombre des violences et menaces à caractère raciste et antisémite a marqué un «net recul» en 2007. Passant de 923 en 2006 à 707 l’an dernier. «Toutefois, relativise la CNCDH, les chiffres de la violence raciste et antisémite restent, aujourd’hui encore, plus élevés que ceux recensés au cours de la période 1990-2000.» Moins nombreux, ils sont aussi plus violents. «La proportion des agressions contre les personnes reste stable, tout en se maintenant à un niveau élevé.» Par ailleurs,«la part des menaces touchant directement les personnes (menaces verbales, écrites et téléphonées) augmente légèrement».

Premiers visés, les Maghrébins (69 % de la violence raciste totale). Certaines de ces actions, visant «les lieux de culte, de souvenir et les fidèles», sont spécifiquement islamophobes. Pour les Juifs, en revanche, la situation s’améliore. Le nombre des faits recensés est tombé de 571 en 2006 à à 386 en 2007. Evolution notable, les tensions du Moyen-Orient n’auraient pas provoqué de bouffées d’antisémitisme, contrairement aux années précédentes. «Les efforts des ministères en matière de lutte contre l’antisémitisme […] semblent avoir porté leurs fruits», note la CNCDH. Peut-être l’augmentation du nombre de condamnations a-t-elle également eu un effet dissuasif. Lorsque les auteurs de ces faits sont des «mineurs ou de jeunes majeurs qui ne mesurent ni le sens ni la portée de leurs actes», les parquets ont tendance à préférer des condamnations alternatives, voire pédagogiques, se félicite la commission.

La CNCDH accompagne son relevé des actes racistes d’un sondage. Globalement, celui-ci révèle une «décrispation» vis-à-vis des étrangers. Sauf à l’égard des musulmans. Si 84 % des personnes interrogées considèrent ainsi que «les juifs sont des Français comme les autres», le chiffre tombe à 69 % pour les fidèles de l’islam.

Internet.En fin de rapport, la CNCDH fait un certain nombre de préconisations. Elle réclame ainsi que le Comité interministériel de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, qui ne s’est pas réuni depuis janvier 2005, soit revitalisé et qu’une grande campagne de sensibilisation soit lancée.

Les autres demandes de la commission concernent la lutte contre la propagande raciste sur Internet. Sur YouTube notamment, circulent des contenus nazis, révisionnistes, antisémites et plus largement très violemment racistes. En mai 2000, le ministère de l’Intérieur a créé l’Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l’information et de la communication (OCLCTIC), qui met à la disposition des internautes un «guichet de dénonciations électroniques pour démasquer les “cybercriminels”». Hélas, déplore la CNCDH, son existence est confidentielle, comme son fonctionnement et ses résultats.

(1) www.cncdh.fr


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