Le 5 mai Mémoire 2000 a projeté le film L’Affiche rouge. Le sujet est d’actualité, puisque le nouveau film de Robert Guédiguian traitant du groupe Manouchian est à l’affiche du festival de Cannes. Reportage vu dans L’Humanité :
CULTURE
Robert Guédiguian « Des étrangers et nos frères pourtant »
Hors compétition .
Robert Guédiguian ressuscite les membres du groupe Manouchian, ceux de « l’affiche rouge ». Une fresque historique servie par des acteurs magnifiques.
L’Armée du crime, de Robert Guédiguian.
France, 2 h 19.
Le film assez avancé, l’un de ses jeunes résistants dira le sens de son engagement armé : il se situe « du côté de la vie ». Appliqués à l’Armée du crime, ces mots décrivent à quel niveau s’est placé, dès le premier plan, Robert Guédiguian, avec Serge Le Péron au scénario, pour retracer l’histoire de celles et ceux qui vont former le groupe Manouchian entre 1941 et le 21 février 1944. La caméra, elle, se pose dans le bas Belleville parisien de ces années-là, refuge des juifs fuyant les pogroms, puis des émigrés persécutés. Un quartier populaire, avec ses ateliers dans les cours des immeubles où, à seize ans, on a l’âge des premières amours, celui de héler depuis la cour son pote du second étage d’un « Krasu » tonitruant, du dépassement de soi par le sport, la piscine devenant le lieu idéal pour ces trois pôles d’une vie qui déborde d’énergie. Ou, lorsqu’on est devenu poète arménien et communiste après avoir fui enfant le premier génocide du siècle, vivre autant qu’il est possible son amour avec sa jeune femme. Ou encore, étudiant, dessiner des faucilles et des marteaux à la craie sur les murs du lycée, avant de casser la gueule au petit fasciste qui vous demande de les effacer en vous traitant de « sale youpin ».
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