Bulletin d’information numéro 10, avril 2010
29 avril 2010Mémoire censurée
28 avril 2010Faudrait-il rappeler à Monsieur le Maire que les SS étaient eux aussi “une catégorie professionnelle qui dans ces temps troubles avait obéi aux ordres de l’autorité légitime” ?
La mairie de Parthenay a censuré une lettre écrite par Ida Grinspan, ancienne déportée, qui devait être lue dimanche à des élèves dans le cadre de la Journée nationale du souvenir des victimes et héros de la déportation.
Selon le Courrier de l’Ouest de mercredi, Nathalie Lanzi, professeur d’histoire-géographie au collège de la Couldre (Deux-Sèvres), avait demandé à l’ancienne déportée d’Auschwitz de rédiger un texte sur son histoire.
Les élèves devaient le lire dimanche, lors de la commémoration de la ville. Ida Grinspan relatait son arrestation par trois gendarmes à 14 ans, le 30 janvier 1944. Mais son témoignage a heurté Michel Birault, adjoint en charge des affaires patriotiques et lui-même ancien gendarme. A contrecoeur, l’enseignante a accepté de remplacer le mot «gendarmes» par «hommes».
Michel Birault a ensuite présenté le texte au maire Xavier Argenton (NC) qui, lui, a refusé sa lecture. «Ne stigmatisons pas une catégorie professionnelle qui dans ces temps troubles avait obéi aux ordres de l’autorité légitime», a-t-il dit à son adjoint. Ce texte «n’est pas de nature à apaiser les ressentiments à une époque où le repentir est malheureusement mis en exergue», a-t-il ajouté, selon le Courrier de l’Ouest.
«Mon objectif n’était pas de blesser mais de dire l’histoire. Je suis attachée au devoir de mémoire et au souci de vérité», a conclu Nathalie Lanzi, également conseillère régionale (PS).
Pour Ida Grinspan, «c’est terrible, cette mentalité-là. Il faut savoir regarder la vérité en face. Ce que je dis dans ce texte, je le dis à chaque fois que j’interviens dans une école. Je dis simplement ce qui a été». Depuis plus de vingt ans, cette femme accompagne les voyages scolaires du Mémorial pour la Shoah en Pologne, pour témoigner de l’enfer du camp de concentration d’Auschwitz.
Théâtre : “Anna Politkovskaïa : non rééducable”
28 avril 2010Nous vous recommandons le spectacle “Anna Politkovskaïa : non rééducable” que Mireille Perrier interprète du 23 avril au 12 mai prochain à la Maison des Métallos.
Mireille Perrier a adapté le texte “Non rééducable” de Stefano Massini (éd. l’Arche).
Seule en scène, Mireille Perrier évoque Anna Politkovskaïa. Journaliste. Considérée comme sujet « non rééducable » par l’Etat-Major russe pour avoir relaté les crimes militaires et les mensonges officiels du Kremlin en Tchétchénie.
Pour l’actrice, «Il ne s’agit pas de vénérer la tombe de la journaliste morte, mais d’entretenir le feu de son combat vivant.»
A l’issu de chaque spectacle, d’une durée d’1h05, Mireille Perrier reçoit des invités pour évoquer le spectacle, la liberté d’expression, la liberté de la presse ou encore le théâtre engagé.:
29 avril : Daniel Conrod (journaliste français) et François Maillet (journaliste français)
30 avril : Sultan Iachourkaev (écrivain tchétchène)
4 mai : Armand Gatti (metteur en scène)
5 mai : Nicolas Kent (directeur de Tricycle Theatre à Londres)
6 mai : Lidia Ioussoupova (avocate tchétchène)
7 mai : Galiena Mussalieva (journaliste de Novaïa Gazeta)
8 mai : Arkady Babtchenko (ancien soldat, écrivain russe, journaliste de Novaïa Gazeta)
9 mai : Trois journalistes réfugiés à Paris et vivant à la Maison des journalistes
11 mai : Galia Ackerman (journaliste RFI), Natalie Nougayrède (journaliste française) et Andreï Nekrassov (cinéaste)
Projection du documentaire “Un parcours singulier”
28 avril 2010Documentaire sur Bernard Jouanneau, président de Mémoire 2000
Pour ceux qui n’ont pas encore vu le film sur Bernard Jouanneau, Un parcours singulier, une projection est organisée le 6 mai à 19h30, dans le prestigieux Hôtel de la Monnaie, 11 quai Conti, Paris 6e.
Film courageux, émouvant où il défend des idées qui nous sont chères.
Il faut absolument réserver avant d’y aller en appelant le 01 56 31 11 65.
Heureusement qu’on a les Musulmans…
26 avril 2010Sinon ce seraient les Juifs les méchants du jour*

Un coup de gueule du posteur.
Comment expliquer la dernière histoire si bien trouvée pour alimenter la haine des Musulmans ? Pour créer une menace publique du voile intégral, alors qu’il n’y en a aucune, M. Hortefeux (Brice de Méchant) saute sur un PV de 22 euros, qui sera sans doute invalidé si jugé, sort une enquête sur le mari de la conductrice intégralement voilée**. Celui-ci, naturalisé français, aurait pas moins de quatre épouses. Intégriste, polygame, profiteur (car tous ses enfants qui remplissent de joie les politiques quand il s’agit de se vanter de la stabilité de la natalité française deviennent aussitôt de sales parasites sur le corps social français), le monsieur mérite, selon Brice, d’être déchu de sa nationalité cocoricotte.
Or, il n’est pas polygame, le droit français permettant aux hommes de coucher avec autant de femmes qu’il veut (ou peut). Il peut même faire des enfants avec. Et il peut vivre avec. C’est ça la liberté. Et en tout état de cause, la polygamie n’est pas un motif pour faire retirer son passeport bordeaux à un Français naturalisé.
Alors M. Hortefeux, ancien élu, ministre de l’Intérieur (celui de la police), semble ignorer la loi qu’il est censée faire appliquer. Ou bien il s’en fout, et ne cherche qu’à alimenter l’islamophobie trop présente en France de nos jours.
Un dernier mot : si établir plusieurs ménages avec de multiples femmes et des enfants avec chacune, et profiter de l’argent public pour ce faire, mérite la déchéance de la nationalité française, j’attends avec impatience une procédure à titre posthume à l’encontre de François Mitterrand.
* Mais merci à Jean-Marie Lepen de rappeler que les antisémites ne sont pas en reste.
**Je suis contre le port du voile intégral. Je suis également contre l’ingérence de l’Etat dans la pratique religieuse. Je pense qu’il y a un problème de la liberté réelle des femmes de Musulmans, mais je pense qu’interdire le port du voile traite un symptôme et non pas la maladie. Et si l’on veut l’interdire d’équipements et institutions publiques, le motif de la nécessaire visibilité du visage pour des raisons de sécurité ne suffit-il pas ?
La LICRA poursuivrait enfin Zemmour
20 avril 2010
Un petit coup de gueule suite à la lecture de l’article de presse ci dessous.
Après l’apologie de Hortefeux, on ne s’attendait pas à voir la LICRA s’attaquer à Eric Zemmour pour ces récents propos abjects. Surprise alors lorsque l’association antiraciste a déclaré vouloir poursuivre la personnalité télé. La réalité nous a rattrapé avec la proposition de la LICRA de remplacer les poursuites pour racisme par un “débat” télévisé, projet assez absurde, mais bon à savoir. On sait désormais que pour la LICRA ne porte pas plainte pour racisme ou antisémitisme, il suffit de proposer un débat. Après s’être décrédibilisée en matière de poursuites en annonçant qu’elle n’allait rien faire contre Hortefeux (et en couvrant ce que le procureur vient de qualifier d’injures racistes), puisque la victime n’avait pas porté plainte, on se doutait que la LICRA trouverait tout moyen pour ne pas agir contre Zemmour.
Hélas pour elle, la LICRA semble avoir quelques membres qui se rappellent qu’il y a bien la lettre R dans leur sigle, et elle annonce revenir sur sa décision de laisser filer Eric.
C’est un peu tard, mais c’est mieux que rien.
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POLEMIQUE – La Licra a confirmé ce lundi poursuivre Eric Zemmour en justice, après avoir consulté ses militants…
Un nouvel épisode dans le feuilleton qui oppose la Licra Eric Zemmour, depuis les propos qu’il a tenus le 6 mars sur Canal + et France Ô. Dans cette sortie, il estimait que «la plupart des trafiquants sont des noirs et des arabes», ajoutant «c’est un fait».
La Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme annonce en effet ce lundi sur son site qu’elle maintient sa décision de poursuivre le polémiste en justice, annoncée dès le 16 mars. Pourtant, l’affaire semblait presque close: Eric Zemmour avait finalement annulé le débat télévisé qu’il avait lui-même proposé, durant lequel il aurait dû être face au président de la Licra, Alain Jakubowicz. Alain Jakubowicz avait alors publié une lettre le 1er avril.
Plus de proposition de débat par Eric Zemmour
Acharnement? La Licra aurait en fait bien préféré «poursuivre le débat hors de l’enceinte judiciaire». Seulement voilà, Eric Zemmour ne lui aurait plus donné signe de vie depuis le débat télé annulé en dernière minute. «Il n’a pas souhaité ce débat, pas émis d’autre proposition. Comme je l’ai dit dans ma lettre, par ses propos du 6 mars, il a franchi la limite d’expression dans un état de droit. Or, ce genre de sujet ne se règle pas par voie épistolaire», plaide Alain Jakubowicz.
Autre fait, cette décision devait passer devant le Conseil fédéral de la Licra. «Nous avons voulu consulter nos militants lors d’un vote, qui s’est tenu lors Conseil fédéral samedi dernier. La majorité était assez significative», précise Alain Jakubowicz.
La Licra a demandé à ses avocats de saisir la Chambre de la presse du Tribunal de Grande Instance de Paris.
Editorial : Les dérapages contrôlés
19 avril 2010Paru dans le journal d’avril 2010

Le raciste, c'est l'autre!
On assiste à une accumulation de dérapages de la part de nos hommes politiques, dont les médias raffolent et qu’Internet répercutent à l’envi. Faut-il s’en émouvoir, ou n’y voir que le signe des temps ?
Le dernier en date est celui d’Eric Zemmour qui s’est lâché sur Canal+ à propos des “contrôles au faciès” en déclarant : Les Français issus de l’immigration sont plus contrôlés que les autres parce que la plupart des trafiquants sont noirs et arabes. C’est un fait…
Ces propos, relayés par l’avocat général Philippe Bilger ont suscité un tollé, au point que la LICRA a annoncé dans un premier temps son intention avec le CRAN et J’ACCUSE de le poursuivre. Il semble qu’ils y aient renoncé, après la lettre d’excuses que Zemmour a rendue publique, s’épargnant ainsi le licenciement que le Figaro annonçait à son encontre.
Nos séances-débat : Le journal d’Anne Frank
19 avril 2010Paru dans le journal d’Avril 2010
LE JOURNAL D’ANNE FRANK
Film de Jon Jones
Séance du 26 janvier 2010
Thème : la Shoah
Débatteur : Denis Peschanski
Tout le monde connait l’histoire du Journal d’Anne Frank. Il n’est pas question de la raconter ici.
Le séjour de la famille Frank en univers clos est devenu célèbre, grâce au Journal d’Anne, sauvé et conservé par son père, le seul témoin revenu de l’enfer des camps.
Anne et sa famille ont vécu deux années cachés et finalement ont été arrêtés sur une dénonciation, on ignore exactement de qui.
Anne était une adolescente très éveillée qui désirait devenir journaliste ou écrivain et, par le biais de son journal, préparait son avenir.
Les jeunes qui assistent à la projection aujourd’hui paraissent très intéressés par cette tranche de vie d’une adolescente à peu près de leur âge. Parmi les classes présentes, 3ème et CM 2, nous avons remarqué que les petits étaient plus frappés que les grands et qu’ils posaient plus de questions à Monsieur Peschanski qui répondait avec gentillesse et compétence (on sent qu’il est passionné par le sujet).
Il fait un bref résumé de la situation des juifs en Allemagne et dans l’Europe occupée, il explique qu’ils craignent le départ vers l’Est, en Pologne et en Russie, puisqu’ au début de la guerre et jusqu’en Mai 1941 les Russes et les Allemands sont alliés. En France, les premières rafles de juifs étrangers ou apatrides ont lieu en zone libre, sous le régime du Maréchal Pétain, sur l’ordre de Laval et de la police française, sans que les Allemands y participent.
Les questions : Que se passait-il dans la tête d’Hitler?
—Une haine viscérale, un antisémitisme exacerbé, peut-être par la hantise de la défaite à venir, le juif était son bouc émissaire. Il a fait traquer les enfants juifs jusque dans les maternités.
Comment les soldats ont-ils accepté de massacrer les juifs?
—Ils étaient fanatisés par le régime et n’envisageaient pas de désobéir aux ordres de leurs supérieurs.
Pourquoi les juifs et pas les chrétiens?
—C’est une tradition ancestrale, quand ça va mal et qu’on recherche un bouc émissaire, les juifs sont en première ligne, peut-être à cause de la responsabilité présumée des juifs dans la mort du Christ.
Comment Hitler est-il arrivé au pouvoir ?
— Tout à fait légalement, à la suite de la défaite de 1918, l’Allemagne était très appauvrie et les Allemands très malheureux ont cherché l’homme providentiel qui leur ferait regagner leur puissance, leur richesse et leur dignité. Hitler le leur promettait. L’Allemagne était exsangue, après la guerre, dans les années 1922/1924, une terrible crise économique a précédé en Allemagne la crise mondiale de 1929.
Les enfants ont demandé comment cela s’était passé en France.
—D’abord il y a eu un statut spécial des juifs dès l’automne 1940, alors que les Allemands ne le demandaient pas. Les déportations de 1942, ont été faites sous la responsabilité de la police française (rafle du Vel d’Hiv’). A la demande de Vichy les juifs, à peu près en sécurité en zone sud, devaient être renvoyés en zone occupée pour y être arrêtés, envoyés à Drancy et déportés. En Novembre 42, après l’arrivée des Américains et des Anglais en Afrique du Nord, toute la France étant occupée, il n’y avait plus de différence.
La dernière question, très pertinente: Comment les Allemands savaient qui était juif ?
—Grâce à des listes établies au recensement dès 1940, grâce à des noms à consonance typique ou étrangère, grâce parfois à des dénonciations.
Denise Becker
Nos séances-débats : Persépolis
19 avril 2010Paru dans le journal d’Avril 2010
Film d’animation de Marjane Satrapi
Séance du 18 février 2010
Thème : l’intégrisme
Débattrice : Leyli Daryoush
Est-ce l’absence de décors, ou des décors à peine suggérés, qui nous permettent d’entrer d’emblée dans le film, d’oublier qu’il s’agit d’un dessin animé et de ne regarder que les visages si expressifs des “acteurs”?
En tous cas, le très jeune public de cette séance, des CM2, des 4èmes et quelques plus grands, ont semblé fascinés par l’histoire de la petite Marjane qui grandit dans un pays difficile, un pays qui doit leur sembler si étrange et si lointain.
“N’ais pas d’amertume, ni de vengeance, avant tout reste digne, intègre avec toi-même”.
Les jeunes élèves entendent-ils ce discours qu’adresse à la petite fille sa merveilleuse grand-mère? On ne le saura pas, mais dès la fin du film, c’est une avalanche de questions qui s’adressent à notre jeune débattrice iranienne, amie de Marjane Satrapi, Mlle Leyli Daryoush.
Ce sont les CM2 qui démarrent et qui vont quasiment monopoliser les questions!
Les femmes sont-elles obligées de porter le voile? C’est vrai qu’on n’a pas le droit de mâcher du chewing-gum, de mettre des lunettes de soleil?
—Oui c’est tout à fait vrai répond la débattrice, mais les choses se sont un peu assouplies ces dernières années. Il y a un peu plus de liberté aujourd’hui et répond-t-elle à un professeur, il y a des touristes libres de circuler et de visiter le pays.
Dans le film, on voit les terribles dégâts causés par la guerre entre l’Iran et l’Irak qui a duré près de dix ans…Pourquoi cette guerre interroge un élève?
—La raison première indique Leyli Daryoush ce sont les puits de pétrole, qui attiraient les Irakiens. Mais c’était aussi, insiste-t-elle, le souhait des religieux qui gouvernaient l’Iran. Ils voulaient ainsi mobiliser le peuple qui aurait pu se révolter contre leur pouvoir autoritaire! C’est la guerre qui leur a permis d’exacerber le pouvoir de la religion et de l’intégrisme.
La débattrice raconte comment des femmes ont été emprisonnées pendant plus de vingt ans car elles étaient soupçonnées d’être communistes. On leur a fait subir de véritables lavages de cerveau, leur faisant apprendre à longueur de journée le Coran par coeur et ce sont elles qui endoctrinent maintenant les nouvelles prisonnières…
Les élèves ne semblent pas très intéressés de parler de l’Iran d’aujourd’hui. Mais un détail vestimentaire aurait pu attirer leur attention (et la nôtre !) : Mlle Leyli Daryoush portait une grande écharpe de couleur verte. Cela ne vous dit rien? C’est bien sûr la couleur portée par ceux qui se rebellent contre le pouvoir actuel qui essaye de se maintenir à tout prix, et c’est ce qu’elle nous confirmé!
Sur cette note d’espoir les jeunes spectateurs sont repartis, en appréciant peut-être un peu plus, souhaitons le, de ne pas avoir eu une jeunesse aussi dure que celle de Marjane.
Claudine Hanau
Nos séances-débat : Le Cahier
19 avril 2010Paru dans le journal d’Avril 2010
LE CAHIER
Film d’Hana Makhmalbaf
Séance du 18 mars 2010
Thème : droit des filles à l’éducation
Débattrice : Carol Mann
Dans un pauvre village d’Afghanistan une fillette de 6 ans n’a qu’un rêve : aller à l’école pour apprendre à lire. Pour cela il lui faut un cahier et un crayon mais elle n’a pas un sou pour les acheter. Alors elle essaie de vendre quatre oeufs à qui voudra, ce qui la conduit et nous avec elle, d’échoppe en échoppe au milieu d’un paysage sublime, désertique, avec les montagnes enneigées au loin; et à proximité, l’immense vide laissé par les Talibans à la place des Bouddhas géants qu’ils ont démolis en 2001.
C’est bien difficile pour une petite fille de trouver une école en Afghanistan. Et le chemin est parsemé d’embûches. Une bande de gamins s’en prend à elle. Ils jouent aux Talibans : une fillette ne doit pas aller en classe, elle ne doit pas avoir de beaux yeux, son visage doit être masqué et même, on va la lapider. Son seul vrai copain lui crie : “fait la morte, tu seras libre!”. La petite se jette au sol tandis qu’explosent une nouvelle fois les Bouddhas géants. Fin du film.
Nos jeunes élèves ont suivi avec une passion perceptible les aventures de cette merveilleuse petite actrice : le bébé dont elle a la charge, son petit voisin qui répète ses leçons à tue tête la jambe attachée à une corde pour qu’il ne se sauve pas, les trajets qu’elle effectue seule dans un environnement sauvage, les animaux domestiques, l’école en plein air où l’on vous envoie “au coin”, les jeux trop cruels, son courage face aux “Talibans”, ils comprennent tout et vibrent avec la petit héroïne.
Aussi les questions fusent, celles de base pour expliciter certains détails du film, mais aussi des questions de fond sur la réalité des Talibans, le voile, la lapidation. Et même un jeune garçon qui a tout compris se demande comment ce pays va pouvoir évoluer.
Carole Mann, sociologue qui se rend plusieurs fois par an en Afghanistan où elle agit pour la défense des femmes et la scolarisation des filles, sait canaliser les échanges pour qu’il n’y ait pas d’amalgame entre Talibans et Islam. Elle centre son intervention sur l’importance de l’éducation qui seule peut permettre à la femme d’accéder à la liberté de décider de son sort. Elle en profite pour faire passer le même message à tous ceux qui, dans la salle, auraient préféré la télé et les jeux vidéos plutôt que d’aller en classe!
Hélène Eisenmann

Publié par marcnaimark 




