Le nouvel enseignement du mépris, un texte de Guy Konopnicki que nous reproduisons à l’intention de nos lecteurs

5 septembre 2011

Une circulaire parue au Bulletin officiel de l’Education nationale recommande de remplacer le terme Shoah par « anéantissement ». Ce mot serait plus rigoureux, et le rôle de l’école étant d’assurer la défense et l’illustration de la langue française, il semble bien naturel de bannir toute importation de l’Hébreu. Respectant cette recommandation, le manuel d’histoire présenté par les éditions Hachette pour les classes de première évoque donc l’anéantissement des Juifs par l’Allemagne nazie, en évitant le mot. La chose effroyable est correctement décrite, mais sans le mot. Sauf, bien sûr, dans le titre de l’enseignant invité à rédiger ce chapitre, Lannis Roder, responsable des formations pédagogiques au Mémorial de la Shoah.

Or, on se souvient qu’une enseignante de Nancy, Catherine Pederzoli, faisant l’objet d’une suspension disciplinaire, s’était vue reprocher son emploi systématique et donc abusif du mot Shoah, et ce, dans un rapport à charge rédigé par les inspecteurs généraux d’histoire. Traduite devant un conseil de discipline, Catherine Pederzoli a été réintégrée, le conseil n’ayant pas retenu les charges concernant l’emploi du mot Shoah, ni celles portant sur le contenu de l’enseignement dispensé tant en classe que lors des voyages de la mémoire. Mais si l’affaire Pederzoli est close, la querelle portant sur le mot Shoah n’est nullement anecdotique.

L’inspection générale de l’Education nationale rejette un terme, au motif qu’il ne vient pas des historiens, mais du travail d’un cinéaste, Claude Lanzmann. Le mot Shoah peut, à la rigueur, être mentionné en tant que terme adopté par l’Etat d’Israël pour désigner l’anéantissement des Juifs d’Europe.

Passe que l’Education nationale ne parvienne toujours pas à admettre le cinéma comme moyen d’investigation historique! L’inventeur de ce procédé, Louis Lumière, était tout de même membre de l’Académie des Sciences. Il est vrai qu’il s’y distingua, en 1942, par un éloge des progrès scientifiques de l’Allemagne hitlérienne, mais l’engagement des frères Lumière dans la collaboration ne les empêche pas d’avoir été à l’origine d’un bouleversement des moyens de la pensée. Le paradoxe du cinéma, c’est d’avoir été rapidement considéré comme un instrument d’hégémonie culturelle placé entre les mains des juifs, en dépit de l’antisémitisme de ses inventeurs. La négation de la valeur historique du film de Claude Lanzmann s’enracine tout à la fois dans cette prévention vis-à-vis du cinéma et dans l’insupportable soupçon de manipulation, de partialité, qui s’éveille dès lors qu’un Juif aborde, en tant que tel, l’histoire de la Shoah.

Lanzmann n’a pas choisi par hasard le mot Shoah. Il s’agissait de désigner le caractère unique du génocide des Juifs, sa planification systématique par le régime nazi, sa place centrale et obsessionnelle dans la politique hitlérienne. Et, ce qui est plus difficile à faire admettre à nos esprits clairs et rationnels, la désignation en hébreu de la Shoah porte aussi la singularité du peuple Juif. Lire la suite »


Journal de Juillet 2011: “un Grand d’Espagne”

5 septembre 2011

Tous se sont exprimés sur la disparition de Jorge Semprun et les éloges n’ont pas manqués, à juste titre.

Indépendamment de ses qualités humaines et intellectuelles indéniables, Jorge Semprun a su faire du récit de la déportation une œuvre littéraire majeure.

A Mémoire 2000 nous sommes particulièrement touchés puisqu’à deux reprises il a collaboré avec nous et nous a offert un tout petit morceau de sa grande renommée.

Un des derniers grands d’une espèce en voie de disparition.

Daniel Rachline

 


Journal de Juillet 2011: Festival des excuses…

5 septembre 2011

Festival de Cannes, réunion de tout ce qui compte dans le monde du cinéma. Du très beau monde…de très beaux films, une médiatisation à l’excès.

Et puis soudain interview de Lars Van Trier, metteur en scène danois ayant eu la Palme d’Or en 2000. Grand cinéaste.

Que dit-il ? “Je trouve Hitler très bien, je n’ai rien contre les juifs mais quand même et puis il nous font chier avec Israël”…

Il est exclu du festival, pas son film qui reçoit un prix et il s’excuse.

Après cela tout va bien, on reçoit Mel Gibson raciste et antisémite notoire…

Tournoi de Roland Garros : un joueur français Lliodra, assez connu, profère des insultes racistes à un arbitre. Il s’excuse, tout va bien…

Une députée UMP à propos d’une proposition permettant le mariage homosexuel :“Et pourquoi pas le mariage entre animaux?…” Elle s’excuse et on oublie…

Voilà, c’est notre nouvelle rubrique : l’ère des excuses dans l’air du temps

Daniel Rachline


Journal de Juillet 2011: un rapport édifiant

5 septembre 2011

Amnesty International, célébre cette année le cinquantenaire de sa création. (cliquez ici pour accéder au rapport)

Mouvement mondial regroupant plus de trois millions de membres et militants pour le respect et la protection des droits humains.

Vaste programme, y compris dans des démocraties comme la notre qui devrait êter exemplaire et qui en est encore loin.

Le dernier rapport 2011 de cette Organisation vient de paraître et traite de la situation des droits humains dans le monde. Ce rapport rend compte de la situation dans 157 pays.

Lisez le et vous verrez qu’il y a fort à faire.

C’est aussi le rôle de chacun à sa place.

Daniel Rachline


Journal de Juillet 2011 : nous vous recommandons le récent livre d’Aharon Appelfeld

5 septembre 2011

LE GARÇON QUI VOULAIT DORMIR

Aharon Appelfeld

L’Olivier (traduit de l’hébreu par Valérie Zenatti)

Encore la Shoah, toujours la Shoah.

Appelfeld écrivain israélien mondialement connu continue son introspection.

On ne s’en plaindra pas.

Après les camps, chercher un sens à sa vie paraît être la moindre des choses.


Journal de Juillet 2011: la montée des extrémismes en Europe

5 septembre 2011

Les scrutins révèlent depuis plusieurs années l’émergence de puissants partis de droite extrême partout en Europe. Dans les pays de l’ancien bloc soviétique, Hongrie en tête avec le parti Jobbik, les partis d’extrême-droite recueillent près d’un quart des suffrages. Dans les pays de l’Europe du Nord, ces partis (le parti des vrais Finlandais, le Parti norvégien du progrès, le Parti du peuple danois et le Parti pour la Liberté du Hollandais Geert Wilders) pèsent désormais sur les politiques gouvernementales. Il en va de même en Suisse avec l’UDC de Christoph Blocher, en Autriche avec le FPÖ de Heinz-Christian Strache. En Italie, la Ligue du Nord est entrée au gouvernement et détient notamment le ministère de l’intérieur (Roberto Maroni). En France, nombreux sont ceux qui craignent une situation semblable à celle de  2002 aux prochaines élections présidentielles avec Marine Le Pen qui serait présente au second tour…

Le contexte actuel, celui de mutations profondes et souvent anxiogènes pour les peuples et les individus, permet de comprendre ces évolutions inquiétantes et la crise identitaire que traverse l’Europe. Contexte économique d’abord, avec la mondialisation et la libéralisation des échanges qui entraînent des changements importants dans la hiérarchie de la puissance des nations, avec le sentiment que l’Europe est la grande perdante de cette évolution. Contexte économique toujours, avec la crise économique, aggravée par l’effondrement financier de 2008, et la montée d’un fort taux de chômage partout en Europe, chômage qui touche entre 20% et 40% de la jeunesse européenne, et qui fait craindre aux classes moyennes leur déclassement, tandis que les classes populaires sont précarisées et appauvries depuis plus de vingt ans. Contexte social, avec la montée des inégalités et le délitement des solidarités, avec l’émergence de discours qui instaurent une ère du soupçon – chasse aux fraudeurs, dénonciations des assistés etc. Contexte technique et scientifique, avec de formidables progrès mais aussi de nouveaux dangers, avec l’arrivée d’Internet et l’interconnection du “village planétaire”, source d’échanges mais aussi de campagnes de dénigrements médiatiques aux dimensions jamais vues, ou encore les progrès médicaux qui posent des problèmes éthiques inédits. Contexte écologique avec la montée des périls climatiques, la pollution croissante des sols, de l’eau et de l’air, sans parler de l’enjeu énergétique ravivé par la catastrophe nucléaire de Fukushima. Contexte politique avec le sentiment de défiance, sinon de rejet, d’une partie des populations européennes face à une construction européenne jugée peu démocratique et face à leur classe politique, jugée incompétente et impuissante vis-à-vis de marchés financiers anonymes qui imposent des plans d’austérité dans toute l’Europe ; et peut-être plus grave encore avec le rejet croissant des discours de tolérance et d’ouverture à l’étranger, alors que l’ethnicisation des discours (nouvel avatar du racisme) empoisonne désormais les débats publics. Contexte démographique enfin, avec le vieillissement d’une population européenne qui se sent menacée par la montée en puissance de pays à la population jeune et dynamique, la Turquie, l’Inde, le Brésil pour n’en citer que trois.

Il nous faut souligner cette crise européenne, pour comprendre les origines de la poussée des droites extrêmes, des droites extrémistes qui se sont adaptées aux évolutions des sociétés européennes. Les pays de l’ancien bloc communiste où les mémoires et le travail historique ont été “gelés” pendant quarante ans, sont aux prises avec des partis d’extrême-droite dont l’idéologie et le programme ne sont pas sans évoquer les partis fascistes des années 30. Le parti hongrois Jobbik est à cet égard exemplaire, avec un nationalisme exacerbé, la formation de milices fascisantes, l’irrédentisme auprès des populations d’origine magyare vivant en Roumanie ou en Tchéquie, un antisémitisme exacerbé et un racisme anti-Rom violent. Les pays d’Europe de l’ouest voient l’émergence d’une nouvelle extrême droite qui prend ses distances par rapport à l’héritage fasciste et nazi des anciens partis d’extrême-droite qui poursuivent leur déclin. A cet égard, les partis de cette nouvelle extrême-droite défendent Israël, considéré comme un avant-poste occidental face à un monde musulman vu comme hostile, et ont officiellement rompu avec les traditionnels discours antisémites. Ces nouvelles extrême-droites européennes, le Parti pour la Liberté de Geert Wilders (Hollande), l’UDC de Christoph Blocher (Suisse), le FPÖ de Heinz-Christian Strache (Autriche), le Front National de Marine Le Pen notamment, défendent des programmes très divers, mais partagent un fort sentiment nationaliste, la xénophobie, le rejet de l’immigration et la limitation du droit d’asile, et un discours anti-musulmans exacerbé. Geert Wilders a ainsi déclaré en 2009 qu’il faut “extrader d’Europe (…) des millions, voire des dizaines de millions de musulmans”… Par ailleurs, la mutation idéologique de cette nouvelle extrême-droite brouille les lignes sociétales habituelles, ces partis affichant souvent des valeurs libérales sur le plan des mœurs, avec des discours en faveur du droit des femmes ou des homosexuels, et des valeurs écologistes.

Face à l’émergence de ces nouveaux partis d’extrême-droite, en particulier en Europe de l’ouest, les partis démocratiques traditionnels semblent pour le moment sur la défensive, pris en tenaille entre les contraintes de l’idéologie libérale et libre-échangiste de la construction européenne qui leur offrent peu de marge de manoeuvre en matière économique et financière, et les contradictions de cette même idéologie qui laisse le champ libre aux affirmations identitaires, avec la montée des revendications communautaires et régionalistes. C’est peut-être du côté d’une partie de la jeunesse européenne qu’il faut chercher des motifs d’espoirs. Cette jeunesse dont les indignés du sud de l’Europe ont donné récemment l’image, une jeunesse dont les enquêtes d’opinion révèle qu’elle est universaliste, tolérante, ouverte à la diversité des cultures, soucieuse des droits humains, et qu’elle pense les problèmes dans leurs véritables dimensions…la dimension européenne et mondiale.

Rose Lallier


Journal de Juillet 2011: une reconnaissance encourageante

5 septembre 2011

Dimanche 26 juin, dans la très belle salle de la Mairie de Saint-Mandé, le B’nai B’rith (organisation juive internationale), à l’occasion de sa convention annuelle, a remis le Prix des droits de l’homme à notre président, Bernard Jouaneau.

Ce prix est décerné chaque année par le B’nai B’rith et Bernard Jouanneau vient enrichir la liste prestigieuse des personnalités auxquelles ce prix a déjà été décerné.

Sur les dix candidats proposés pour recevoir cette distinction, le choix s’est porté sur notre Président en hommage à son long et profond engagement à la défense des droits de l’homme et à ses actions inlassables pour les faire respecter.

Au cours de la cérémonie, Mme Adda Sadoun, chargée des relations internationales du B’nai B’rith, a fait un bel éloge de la carrière et des actions menées par Bernard Jouanneau.

Très ému, Bernard a brièvement répondu à cet éloge, avant qu’une très belle sculpture, réalisée par Myriam Sitbon-Mendel, ne lui soit remise sous une standing ovation.

Nous félicitons bien affectueusement notre Président dont la reconnaissance, qui lui revient, rejaillit sur nous tous et constitue un bel encouragement pour Mémoire 2000.


Journal de Juillet 2011 : Mémoire….Mémoires

3 septembre 2011

Lors de la dernière réunion de la Commission “Témoins-témoignages” à l’Union des Déportés d’Auschwitz, j’ai pris en charge le témoignage au lycée Suger de la Plaine Saint-Denis, car la démarche de M. Rochdi Siddiki m’intéressait. J’ai donc, à sa demande,  témoigné dans son Lycée.

M. Siddiki, professeur principal et professeur de mathématiques a décidé de sensibiliser les élèves aux différentes formes de génocides et à la négation de l’être humain en général. De nombreuses personnalités étaient présentes dans la salle.

Arrivée avec un léger retard, j’ai entendu une partie de la présentation faite par une jeune élève du voyage qu’elle avait effectué au camp  d’Auschwitz-Birkenau. Elle avait du mal à restituer l’émotion qu’elle avait ressentie sur place, mais M. Siddiki m’a ensuite raconté les détails de ce voyage auquel il avait participé avec le recteur de la Mosquée de Taverny. Ensuite j’ai pu m’exprimer pendant une dizaine de minutes afin de laisser le temps aux élèves de poser des questions.

J’ai donc résumé mon témoignage au maximum et, au fur et à mesure que les questions des élèves affluaient j’ai mieux compris la situation et j’ai essayé de trouver le lien avec leur voyage et le manque de témoin sur place.

Il y a eu ensuite un discours du recteur de la Mosquée de Taverny, remarquable. Il a insisté sur l’esprit du “vivre ensemble”, du respect et de l’amour de son prochain. Il a parlé de paix, de compréhension mutuelle et du respect des droits de l’homme.

De son côté M. Rahim Rezigat, ancien prisonnier d’Algérie, a évoqué assez rapidement cette période de l’histoire. Et après avoir raconté sa visite à Buchenwald il a précisé que le camp où il a été détenu en France, représentait en comparaison un “paradis”. Il a du exagérer un peu…

Puis le Maire adjoint a tenu un discours sans surprise, en insistant sur la laïcité.

Le prochain projet de visite se situe à l’Ile de Gorée. A ce propos j’ai évoqué mon voyage sur le lieu et mon émotion de constater que des familles “normales” vivaient dans la maison où dans les caves se trouvaient entassés les esclaves avant leur départ par bateaux.. Cette Maison des esclaves est jumelée avec Drancy.

Le point commun concernant ces deux génocides est bien la déshumanisation. Mais l’énorme différence réside dans le fait que l’on considérait les esclaves comme une marchandise, donc à ménager, tandis que les Juifs et les Tziganes faisaient l’objet de la “solution finale”, c’est à dire de l’extermination pure et simple.

Pour son initiative de transmettre la Mémoire, les multiples Mémoires, M. Rachdi Siddiki mérite un soutien inconditionnel de son entourage.

Isabelle Choko


Journal de Juillet 2011: Qui perd gagne??

3 septembre 2011

Même si l’événement n’est plus de toute fraîcheur, nous ne pouvons passer sous silence ce qui a bouleversé, non seulement la France, mais une grande partie du monde. Je veux parler, vous l’avez compris, de l’affaire Dominique Strauss Kahn.

Que dire de plus qui n’ait déjà été dit ?

Comme pour tout le monde l’annonce de l’inculpation de DSK et surtout de la raison de son inculpation a été sidérante. Ce fut l’incompréhension et la stupeur.

Puis vint le temps de la réflexion, des analyses, et des bribes d’explications sont apparues.

Pour ma part (formation oblige) je privilégierai l’explication psychanalytique, tant la logique en cette occurrence est absente. DSK, homme intelligent et avisé ne peut pas avoir “délibérément” commis un acte aussi grave.

Il n’est pas rare qu’un homme arrivé au sommet de la gloire et de la puissance ne “s’arrange” pour en redescendre brutalement.

En 1641 déjà, Corneille, dans sa pièce Cinna, faisait dire à Auguste de très beaux vers qui pourraient s’appliquer à cette situation.…

Toujours vers quelque objet pousse quelque désir

Il se ramène en soi, n’ayant plus où se prendre

Et, monté sur le faîte, il aspire à descendre…

Un beau résumé.

On a beaucoup parlé de “suicide politique”, “d’acte manqué”. Pour la psychanalyse un acte manqué représente la réalisation d’un désir inconscient ; et l’on sous-estime trop souvent le fonctionnement de l’inconscient. DSK n’a, semble-t-il, pas été avare d’actes manqués, il les a multipliés : “séduction forcée” d’une jeune femme, là au mauvais endroit au mauvais moment et à laquelle va toute notre compassion, oubli d’un téléphone portable, coup de fil de l’aéroport à l’hôtel…on croirait le Petit Poucet semant des cailloux ! Tout cela l’a mené “à l’insu de son plein gré” vraisemblablement, là où il souhaitait réellement aller, à savoir loin d’un pouvoir vers lequel il a été d’une certaine manière poussé par d’excessives pressions extérieures.

Sans doute s’est-il senti soulagé d’une tension insupportable et inexprimable, et ce qui, pour chacun d’entre nous serait une véritable catastrophe a pu être, on peut le supputer, pour DSK, une sorte de planche de salut.

C’est une libération quand même très chèrement payée !!

Lison Benzaquen

 


Programme Cinéma 2011-2012: “Le combat d’un homme (Alexandre Soljenitsyne)” de Pierre-André Boutang et Annie Chevallay, Jeudi 31 mai 2012

3 septembre 2011

Date de sortie : 2005

Durée du film : 1h00

Projection au cinéma LE SAINT GERMAIN DES PRÉS, Salle Beauregard22, rue Guillaume Apollinaire – 75006 PARIS, Métro St-Germain des prés

Résumé: Ce documentaire décrit les combats d’Alexandre Soljenitsyne contre le KGB, et les autorités politiques soviétiques. En 1962, six ans après le XXe congrès du parti communiste, au cours duquel Khrouchtchev fit un rapport dénonçant les crimes de Staline, Alexandre Soljenitsyne, jeune inconnu à l’époque et survivant du goulag retrace la vie dans les camps, dans un article qu’il publie dans la revue Novy Mir. Ce récit, qui dévoile publiquement l’enfer du Goulag où il a été enfermé durant huit années, fit l’effet d’un coup de tonnerre et le rendit célèbre du jour au lendemain: le texte est admirable et le témoignage indiscutable. La « guerre froide » rejette Alexandre Soljenitsyne dans la dissidence. L’écrivain refuse de se taire, passe de la clandestinité à la contre-attaque et son talent éclate à nouveau en 1973 avec la parution de L’Archipel du goulag qui est un ouvrage historiquement essentiel, un document fait à partir de témoignages d’anciens zeks. C’est le premier « livre noir » du communisme qui lui vaudra d’être banni d’URSS en 1974. Des images d’archives, des témoins et de jeunes écrivains russes reconstituent dans ce documentaire le parcours de cet écrivain, disparu le 3 août 2008.

LE DOSSIER PÉDAGOGIQUE EST DISPONIBLE ICI : CLIQUEZ SUR LE LIEN

Le débatteur est l’historien Marc Elie, chercheur au CNRS et spécialiste du goulag.            


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