L’éditorial de notre Journal de Janvier 2012 : De la récupération politique des valeurs

12 janvier 2012

Dans la tourmente qui agite la planète tout entière et qui semble devoir s’amplifier, on se demande quelle sera la place qui sera attribuée aux valeurs dans l’année qui vient. Les quatorze candidats recensés à ce jour pour l’élection présidentielle ne le savent sans doute pas eux-mêmes et s’efforcent malgré tout de séduire l’électorat, sans garantir l’amélioration de la situation de chacun. C’est même plutôt l’inverse qui prévaut, c’est tout juste si l’on ne se préoccupe pas plutôt dans la course à la catastrophe de percevoir l’ordre dans lequel chacun des pays de la zone euro va perdre son rang auprès des agences de notation. En se rassurant à l’avance sur l’amélioration future que connaîtra la future génération qui viendra aux affaires après les malheurs et les larmes qui vont déferler sur nous.

Les politiques rivalisent dans la détection des signes avant-coureurs de la catastrophe, et les syndicalistes n’osent même plus annoncer la reprise de la lutte. Le désespoir qu’engendre l’accélération de la crise, l’amélioration du chômage et la menace de la récession s’installent en permanence sur les écrans et la fiction n’est même plus suffisante pour nous guérir de la morosité. Que reste-t-il alors de nos valeurs, à quoi bon promettre l’égalité et le retour à la fraternité dans une société manifestement tournée vers la culture de l’angoisse personnelle et familiale ? Il faut sans doute s’attendre à ce que Stéphane Hessel pour ses 97 ans publie un nouveau pamphlet après “indignez-vous”, puis “engagez-vous ; réveillez-vous”. Il semble en effet que nous abordons une phase de sommeil de l’humanité qui fait dire à certains qu’il annonce la fin du monde, en tout cas la fin d’un monde. Rien ne sera plus comme avant et chacun s’y résigne.

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Journal de Janvier 2012 : compte-rendu de notre séance du 17 novembre 2011, “Chaos” de Coline Serreau

12 janvier 2012
  • Thème : le civisme
  • Débattrice : Olivia Cattan

Tout est dit dans la première image du beau film de Coline Serreau : les violences faites aux femmes, et en particulier les prostituées (l’une se fait tabasser à mort sur le capot d’une voiture) mais aussi l’indifférence, la lâcheté qui marquent notre société (le conducteur de la voiture en verrouille immédiatement les portes tandis qu’à côté de lui sa femme terrorisée, assiste impuissante à la scène)

Le jeune public de ce matin semble assez secoué par les scènes souvent violentes il faut le dire du film, mais cela va les inciter très vite à assaillir de questions notre débattrice, Mme Cattan, spécialiste des droits de la femme au sein de l’association “Paroles de Femmes”.

Ils sont choqués par l’histoire de cette jeune prostituée qui essaie de sortir de sa terrible condition et leur première question reflète bien leur angoisse : “est-ce que c’est une histoire vraie”?

Interrogation aussi sur ces maisons de dressage, largement décrites dans le film, où l’on enferme les débutantes ou celles qui se rebellent, et bien  entendu notre jeune héroïne.

Autre reflet des incertitudes des élèves, les questions sur le rôle de la police et de la justice “jouent-elles bien le rôle que l’on attend d’elles ?”

Notre débattrice explique de façon très claire quel est le rôle de la justice quand elle est saisie d’une affaire de ce type, mais ce n’est hélas pas toujours le cas, car on ne peut pas toujours mettre la main sur les réseaux…

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Journal de Janvier 2012 : compte-rendu de notre séance du 15 décembre 2011, “Hiver 1954″

12 janvier 2012
  • Thème : La Solidarité
  • Débatteurs : Martin Hirsch, Laurent Desmard 

Devant une salle comble, Martin Hirsch, ancien Président d’Emmaüs France,  introduit le débat qui suivra la projection du film sur l’appel de l’abbé Pierre : “Mes amis, au secours… Une femme vient de mourir gelée, cette nuit à trois heures, sur le trottoir du boulevard Sébastopol, serrant sur elle le papier par lequel, avant-hier, on l’avait expulsée… ”

Martin Hirsch lance, lui aussi, un appel aux 160 élèves présents : “En 1954, l’abbé Pierre a réussi à susciter un déclic : un nombre considérable de gens se sont impliqués pour sa cause en donnant, qui de l’argent, qui du matériel, qui un toit. Vous tous et toutes qui êtes là aujourd’hui, je souhaite qu’au fond de vous aussi se déclenche le déclic qui vous poussera à épouser une cause qui deviendra la vôtre, qu’elle soit au service d’un individu, d’un groupe, d’une association. Vous pourrez aussi, si vous en avez le désir, consacrer 6 mois ou 1 an  au Service Civique récemment créé pour tout jeune de 16 à 25 ans”.

Nos élèves ont suivi avec grande attention la projection du film. Leur façon de réagir montrait combien ils (elles) vibraient pour la cause de l’abbé Pierre et de ses compagnons. Et ensuite, leurs questions posées à notre débatteur, Laurent Desmard, impliqué depuis plus de 30 ans chez Emmaüs, ont confirmé cet intérêt

“Voyez-vous une différence entre la situation d’aujourd’hui et celle d’alors ?”

– On avait réussi à faire baisser le nombre de gens en difficulté. Hélas, aujourd’hui, avec la crise, on trouve de nouveau des gens qui, même avec un salaire, n’arrivent plus à se loger.

“Qu’apportez-vous aux personnes qui viennent vous voir ?”

— Ce sont des clochards que l’on reçoit. Le premier jour on les nourrit, on leur propose une douche. Ensuite on leur donne envie de travailler avec la communauté, puis on leur donne un pécule pour le travail effectué. Et surtout on leur donne le goût de devenir les acteurs de leur vie.

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Journal de Janvier 2012 : Primo Levi, l’intranquille

12 janvier 2012

Le 11 avril 1987, vers 10h05, après avoir téléphoné au Grand Rabbin de Rome, Primo Levi sort de son appartement situé au troisième étage de l’immeuble du 75 corso Re Umberto où il avait toujours vécu – sauf pendant l’année qu’il avait passée à Auschwitz et les mois de son retour – escalade la balustrade et se précipite dans le vide.

Philippe Mesnard, professeur à l’université Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand, qui dirige la Fondation Auschwitz de Bruxelles, et travaille sur Primo Levi depuis 2002, lui consacre aujourd’hui une biographie, « Primo Levi. Le passage d’un témoin », paru en 2011 aux éditions Fayard.

Avant de se jeter dans le vide, Primo Levi avait déclaré au Grand Rabbin de Rome: Je ne sais comment continuer. Je ne supporte plus cette vie. Ma mère souffre d’un cancer, et chaque fois que je regarde son visage, je me souviens de celui des hommes gisant sur les planches des châlits d’Auschwitz.

C’est la quatrième biographie parue, elle a la particularité d’aborder une réflexion sur la signification de sa vie et de sa mort aujourd’hui, en tenant compte des mémoires génocidaires et concentrationnaires qui se sont élaborées au fil du temps et de l’histoire du XXème siècle.

Primo Levi a connu deux vies : de 1919, année de sa naissance à Turin, à 1944, année de sa déportation, ses 25 premières années appartiennent à un autre monde. En franchissant le seuil du “célèbre” portail (qui est celui de l’Enfer de Dante) il aborde son autre vie.

Il a traversé sa scolarité sous le régime fasciste, donnée alors incontournable, son père, ingénieur issu d’une lignée d’ingénieurs, est inscrit au Parti. Timide, de faible constitution, il s’est très tôt enfermé dans des mondes imaginaires – autre clés de sa résistance intérieure à Auschwitz – et dans sa passion d’adolescent pour la montagne, son éthique de l’effort, son approche familière du vide – autre clé de sa résistance au monde concentrationnaire.

Dans son milieu de jeunes juifs bourgeois et lettrés, dont Vanda, pour laquelle il a éprouvé son premier sentiment amoureux, on pratiquait, nous dit Philippe Mesnard ; “une aversion envers le fascisme plus ironique que violente”. Le 13 décembre 1943, à 5h30 du matin, le hameau où dormaient Primo Levi et ses compagnons de montagne, est investi par une cinquantaine d’hommes. Le 26 février, vers 21h, arrivée à Auschwitz. Sur l’une des parois du wagon, Auschwitz était griffonné à la craie, il a lu Austerlitz. A l’entrée, Primo est dirigé sur une file, Vanda sur une autre.Toute sa vie est déjà inscrite.

Avec son intelligence pratique et rationnelle, protégé par le statut d’ingénieur qui lui est attribué, il se met à observer : “J’ai accumulé une énorme quantité d’observations…” écrit-il en revenant, en précisant qu’il n’a pas fini de trier. Dès lors, presque professionnellement et instinctivement, il commence à témoigner, avec Si c’est un homme, le plus célèbre d’une série de livres qui transformera le chimiste qu’il est en écrivain.

Une vie de témoignages, de livres, d’interviews, une célébrité dont il n’est pas dupe et dont les mondanités l’ennuient : Primo Levi ne recherche pas la lumière, il écrit par devoir et sens des responsabilités.

Arrivent les années 50 (la société de consommation) accompagnées d’accès de dépression et du malaise d’être enfermé dans sa vie de témoin. Il faut que son écriture non testimoniale soit elle aussi reconnue, il y consacre désormais presque tout son temps tout en parcourant le monde afin de mieux le connaître et de l’appliquer à l’explication du passé qui le précède et le poursuit. En relisant son passé d’un autre point de vue, après les épreuves de la vie. Les années 60-70 voient l’arrivée de terrorismes rouges et bruns au nom d’un impossible rachat des crimes du passé…et les débuts du négationnisme.

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Journal de Janvier 2012 : “Tous acteurs….”

12 janvier 2012

Vaclav Havel (1936-2011)

Vaclav Havel est mort. Avec lui disparaît un grand humaniste européen.

Il fut le premier président à être élu démocratiquement après la chute du rideau de fer, et après avoir été l’artisan de la révolution de velours en 1989.

En hommage, et pour la portée universelle de ses propos, nous reproduisons ici quelques extraits d’un discours qu’il a tenu à ses compatriotes alors qu’il venait d’être élu président.

Ce discours sans complaisance, qui renvoie chacun à sa responsabilité au sein de la société, peut aujourd’hui encore servir d’avertissement…

« Chers concitoyens,

Depuis 40 années, vous avez toujours entendu le premier jour de l’année, de la bouche de mes prédécesseurs, le même discours, avec seulement quelques variantes (…).

Je suppose que vous ne m’avez pas proposé ce poste pour que je vous mente à mon tour.

Notre pays ne fleurit pas (…).

Le pire est que nous vivons dans un milieu moral pourri. Nous sommes malades moralement parce que nous sommes habitués à dire blanc et à penser noir.

Nous avons appris à ne rien croire, à ne pas prêter attention l’un à l’autre, à ne nous occuper que de nous mêmes.

Des expressions comme l’amour, l’amitié, la pitié, l’humilité ou le pardon ont perdu leur profondeur et leur dimension et ne signifient, pour nombre d’entre nous, qu’une sorte de particula-rité psychologique aussi désuète que des salutations oubliées du temps passé , un peu risible à l’heure des ordinateurs et des fusées cosmiques.

Peu d’entre nous ont été capables d’exprimer à voix haute que les puissants ne devraient pas être omnipuissants (…).

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Journal de Janvier 2012 : Une heureuse initiative passée inaperçue …

12 janvier 2012

Dans le monde, il y a les pays arabes et il y a le Maroc. Le Maroc parmi les pays arabes, tient une place particulière. C’est pourquoi il n’est pas étonnant qu’une première conférence commémorant l’Holocauste organisée dans le monde arabe, le soit par le Maroc.

Cette conférence s’est tenue à Ifrane fin septembre 2011. Elle a été mise sur pied par de jeunes étudiants qui ont, en 2007, créé le Mimouna Club dans le but de faire connaître et de sensibiliser le public à la diversité culturelle marocaine, en insistant sur l’apport juif et en mettant l’accent sur la coexistence exemplaire, durant de très nombreuses années, entre Juifs et Musulmans marocains.

Ce club n’est pas à son coup d’essai, il a déjà organisé de nombreux événements associant Israéliens et Marocains.

Cette conférence sur l’Holocauste a été l’occasion de rendre un vibrant hommage au roi Mohamed V qui, durant la guerre 39/45, s’est admirablement comporté en refusant de faire porter l’étoile jaune et de livrer “ses” juifs aux autorités de Vichy . Ce qui lui valu d’être élevé au rang de Juste des nations.

De nombreux historiens ont participé à cette manifestation et une rescapée d’Auschwitz a même fait le voyage pour témoigner.

Cet événement unique dans les annales des pays arabes, a bénéficié, au Maroc, d’un large écho médiatique. Il entre dans le cadre de la politique du roi Mohamed VI (petit fils de Mohamed V), qui s’est élevé contre le négationnisme. Dans un discours de 2009, le Roi Mohammed VI a déclaré : “L’amnésie n’a aucune incidence sur la compréhension que j’ai de l’Holocauste, ou sur celle de mon peuple… Ensemble nous devons nous efforcer de réaffirmer la raison et les valeurs qui fondent la légitimité d’un espace de coexistence où les mots de dignité, de justice et de liberté s’exprimeront de la même manière et coexisteront avec les mêmes exigences, indépendamment de nos origines, cultures, ou de notre spiritualité. C’est notre interprétation marocaine du devoir de mémoire dicté par la Shoah.”

C’est courageux et réconfortant

Lison Benzaquen

 

 

 


Journal de Janvier 2012 : Les zoos humains, un racisme bien partagé

12 janvier 2012

 L’ancien footballeur Lilian Thuram a co-organisé au Musée du Quai Branly une exposition fort intéressante, ô combien dérangeante aussi. On n’en ressort pas très fiers, car elle nous montre tels que nous sommes, nous, blancs occidentaux.

De 1800 à 1958, l’industrie du spectacle exotique connaît un âge d’or en Occident. Durant cette période, près de 35.000 hommes, femmes et enfants, venus des 4 coins du globe mais aussi de Bretagne ou d’Alsace, ont été exhibés comme des animaux, dans des cages, à l’occasion d’expositions universelles, dans des cirques et des foires. Ainsi, les grand-parents d’un autre célèbre footballeur, Christian Karembeu, furent exhibés dans des cages à l’Exposition Universelle de Paris en 1930. Un milliard de badauds viendront contempler ces “sauvages”.On venait en famille voir des microcéphales, des femmes à barbe, des jumeaux-siamois, des monstres, des handicapés, des Indiens d’Amérique, des  “êtres inférieurs”, comme disaient des scientifiques. Au 18ème siècle, la race supérieure était celle de l’homme blanc, l’être inférieur étant de race noire, chaînon manquant entre le singe et l’homme. La Vénus Hottentote, née en 1789 en Afrique du Sud, était dévoilée contre un….ticket à 3 francs, les savants du Museum d’Histoire Naturelle de Paris comparant son visage à celui d’un orang-outang.

L’ethnologie va devenir un “business” et un outil de propagande. Pour justifier les conquêtes coloniales, on raconte que ces individus sont violents, cruels et même cannibales! La chosification de l’Homme est portée à son paroxysme. Au 18ème siècle, l’anthropologie s’emploie encore à hiérarchiser: classements, types, tares, cet esprit de catégorisation vire à l’obsession. Il va alimenter le fantasme d’une prééminence blanche et occidentale. Mais le “sauvage” n’est pas une invention exclusivement européenne: l’ethnologie est une des choses les mieux partagées sur notre planète…

Comme de nombreux footballeurs noirs, Lilian Thuram a connu les supporters imitant les cris de singes chaque fois qu’un footballeur noir touchait le ballon. Toutefois, garçon très intelligent (mais oui, un footballeur, même noir, peut être très intelligent), il n’en veut à personne, car il estime que nous avons conservé dans notre éducation des représentations de l’humanité héritées du passé. Le colonialisme a fourni dans cette histoire un prétexte nauséabond: cherchant à obtenir des matières premières à bon prix, on a construit l’idée d’une race inférieure, pour mieux en tirer profit: toujours la même et stupide certitude d’être supérieur! L’exposition montre, de façon dépassionnée, comment se construisit ce racisme, cautionné par les scientifiques de l’époque, la politique coloniale et l’industrie du spectacle. Ces expositions coloniales ont certes pris fin en 1958, mais en 1994, il y avait encore à Nantes un “village bamboula” installé dans un parc zoologique, et on y exhibait des Ivoiriens, en partenariat avec les Galettes Saint-Michel….

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Journal de Janvier 2012 : la France telle qu’on l’aime

12 janvier 2012

 

A ce jour, la reconnaissance officielle par le Premier Ministre, le Ministre de la Défense et le Ministre du Budget qui vient d’aboutir à la décision en faveur des déportés juifs qui ont été déportés de leurs pays d’origine et ont survécu à leur déportation depuis la libération des camps de concentration nazis met un terme à une longue série de démarches soutenues par Mémoire 2000 depuis avant l’année 2000.

En ce qui nous concerne, il aura fallu l’heureuse rencontre de notre amie Isabelle Choko qui semble y avoir consacré sa “troisième vie” après avoir choisi la France pour y refonder la famille qu’elle avait perdue, après avoir vécu de si près à Bergen-Belsen la mort de sa mère, avec laquelle elle avait été déportée à l’âge de 11 ans avant d’être libérée à 16.

Pour faire aboutir cette revendication, nous avons tout simplement et discrètement mené une action auprès des Pouvoirs Publics en nous adressant aux Secrétaires d’Etat auprès des Anciens Combattants successifs. C’est dans le cadre d’un processus transactionnel engagé dans le courant de l’année 2010 que nous avons fait aboutir notre réclamation qui a demandé une attention soutenue de tous les instants entre les membres du Cabinet du Ministre de la Défense d’une part et le Comité que nous avons constitué à cet effet, composé d’Isabelle Choko, Elie Buzyn, Nicolas Roth et Fédor Lederer.

La décision d’origine du Premier Ministre remonte maintenant au 10 avril 2010 et la dernière qui a mis un point final au processus est en date du 23 novembre 2011, elle émane du Ministre de la Défense, Monsieur Gérard Longuet. Elle reconnaît aux déportés d’origine étrangère qui ont justifié de leur déportation et acquis ultérieurement la nationalité française depuis leur libération, le droit à une indemnisation forfaitaire pour leur déportation sous la forme d’une allocation annuelle qui leur sera versée jusqu’à la fin de leurs jours, sans toutefois pouvoir être ultérieurement transmise à leurs héritiers.

Lorsqu’Isabelle Choko est venue nous en parler, la loi du 30 décembre 2004 qui instituait la Haute Autorité de Lutte contre la Discrimination et pour l’Egalité venait d’être adoptée. Elle instaurait précisément un organisme qui avait pour mission de veiller à ce que la puissance publique comme les particuliers respectent en toutes occasions le principe d’égalité entre les citoyens français et c’est au nom de ce principe d’égalité que nous avons fait valoir que l’ensemble des déportés d’origine étrangère ayant acquis la nationalité française, (il en avait à l’époque été compté 109), devaient avoir droit à la pension prévue par le code, en faveur des déportés. Nous avons été entendus par la HALDE qui a reconnu qu’il était nécessaire,au nom de l’Egalité entre les citoyens ,de modifier le code des pensions. Il aura fallu cinq ans de négociations  pour obtenir satisfaction: On ne changerait pas la loi, mais on règlerait le problème par la voie de la transaction

Aux termes de nos discussions, nous sommes enfin parvenus à un résultat favorable, bien que malheureusement et depuis que le combat ait été engagé, nous avons dû enregistrer la perte d’une trentaine d’anciens déportés que la mort nous a ravi. Mais pour les 115 déportés qui subsistent encore à l’heure actuelle, et qui se sont regroupés grâce à Isabelle, ce ne sera plus un espoir ni un rêve, c’est devenu une réalité.

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Journal de Janvier 2012 : Une étrangère en “étrangerie ”

12 janvier 2012

Etrangers attendant pour le renouvellement de leur titre de séjour, France, 2011

Il a fallu presque 40 ans avant que je me sente étrangère en France. Jusqu’à ce jour, au contraire, je me suis toujours sentie bien accueillie sur le sol français, depuis que j’ai quitté ma Norvège natale pour vivre auprès d’un citoyen de la république. Pas 100 pour cent d’origine française non plus, mais né en France, et ayant la nationalité qui va avec.

Certes, j’ai connu les queues interminables de la préfecture pour demander une carte de séjour, où votre sort dépendait d’une fonctionnaire qui préférait se limer les ongles plutôt que de s’occuper de vous, et qui créa une différence de traitement notable entre moi, blanche et européenne, et mon voisin dans la queue, ayant eu le malheur de naître dans une ancienne colonie nord-africaine. Tutoyé d’office, et questionné si durement qu’il en oubliait le nom de jeune fille de sa mère ou la date de naissance de son père. Mais j’ai toujours fini par avoir les sésames nécessaires, et aucun Claude Guéant n’existait à l’époque pour fixer des limites à mes études en France, ni m’indiquer la sortie dès qu’elles furent terminées. Il en va tout autrement pour les étudiants étrangers aujourd’hui, et le pire, à mes yeux, c’est le peu de réactions que les mesures draconiennes de M. Guéant suscitent chez les Francais. Désormais, les organisations étudiantes en Norvège et ailleurs déconseillent fortement aux jeunes bacheliers de venir en France, qui a désormais une très mauvaise réputation.

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Journal de Janvier 2012: “Les dépossédés” Steve Sem-Sandberg

12 janvier 2012

Nous vous recommandons la lecture du livre “Les dépossédés” de Steve Sem-Sandberg, édité chez Robert Laffont.

C’est l’histoire du ghetto de la ville de Lodz, créé en 1940 et qui survit jusqu’en 1944. Les nazis voulaient exterminer la population en moins d’un an. “Grâce” à un homme, Mordechaï Chaïm Rumkowski, président du Conseil juif il obtient un sursis de 3 ans.

Afin d’essayer d’épargner des juifs, Rumkowski transforma le ghetto en un effort de guerre allemand. Il abandonna ainsi tous les malades, vieillards et enfants…

C’est cette histoire racontée dans ce livre. Terrifiant mais indispensable.

Une fois encore…

 Daniel Rachline

 


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