Journal d’Avril 2011 : compte-rendu de la séance du film “Marga” de Ludi Boeken

5 avril 2011

MARGA

Séance du 3 Février 2011

Thème : Les Justes

Débatteur : Ludi Boeken.

“J’ai voulu faire Marga pour montrer qu’il peut exister une once d’humanité au sein de l’enfer” Ludi Boeken.

Film remarquable, débatteur hors du commun, tels ont été les commentaires des professeurs et des élèves qui assistaient à la projection de Marga suivi d’un  débat animé par le réalisateur, Ludi Boeken.

Ce film, merveilleuse adaptation du livre de Marga Spiegel publié en 1965 sous le titre “Retter in der Nacht” (Sauveurs dans la nuit) est un hommage rendu aux familles des fermiers allemands, qui ont eu le courage de cacher pendant toute la guerre leurs compatriotes juifs.

Ce récit authentique, montre que si on voulait, on pouvait. Il jette une terrible culpabilité sur la majorité des Allemands qui est restée silencieuse et passive en laissant faire des crimes abominables.

Pourquoi avoir réalisé ce film fut la première question posée par un élève qui permit à Ludi Boeken, de nous raconter avec beaucoup d’humour, de passion et moult anecdotes truculentes la réalisation du film. Impressionné par le livre que Marga avait écrit sur son histoire pendant la guerre, un producteur allemand lui a demandé s’il accepterait de faire un film car il était impossible de trouver un réalisateur allemand, les jeunes étant encore obnubilés par le passé nazi de leur pays qu’ils voulaient effacer à tout prix. Il fallait donc un regard extérieur. Le film a eu un très grand succès en Allemagne ainsi qu’en Israël.

Pourquoi cette famille juive persécutée est-elle restée dans une Allemagne nazie au lieu de fuir, a demandé un professeur? Menne Spiegel, comme tous les juifs Allemands était extrêmement attaché à l’Allemagne, à sa langue, ses coutumes et sa culture; de plus, en tant qu’ancien combattant de la guerre de 14-18 et décoré de la Croix-de-Fer, il pensait être épargné par la chasse aux juifs. C’est pour toutes ces raisons qu’il refusa de partir en Palestine comme le souhaitait Marga.

Marga et sa fille Karin ont été cachées pendant trois ans chez des fermiers, les Aschoff, tandis que Menne est resté terré dans le grenier d’un autre paysan. L’hostilité, au début, de certains membres de la famille Aschoff, intrigue un élève.

Le débatteur lui explique que lorsque Heinrich Aschoff décide seul et sans en avertir sa famille de cacher au péril de leur vie Marga et Karin, sa femme Anni et sa fille se sont violemment rebellées. Tous les Aschoff étaient de farouches adeptes du nazisme: le fils, soldat de la Wehrmacht, fut tué sur le front russe et la fille était un membre actif et convaincu de la jeunesse hitlérienne. Cependant, au fur et à mesure que le temps a passé et que le sort des juifs devenait de plus en plus dramatique, le comportement d’Anni et de sa fille s’est progressivement modifié jusqu’à devenir tout à fait amical et chaleureux. Cette attitude était d’autant plus louable, qu’à cette époque, à la différence des pays occupés, aucun Allemand ne pensait que la chute de Hitler puisse arriver. Lorsqu’ils cachaient des juifs, c’était donc, dans leur esprit, pour la vie et sans possibilité de retour.

A la question suivante concernant l’attitude étrange de Menne à la libération, Ludi Boeken répond que Menne a été traumatisé par les trois années qu’il a passées caché dans un grenier sans jamais sortir. A sa libération, il fit une grave dépression. Le réalisateur a voulu accentuer cet aspect afin de symboliser, à travers ce personnage, les effets néfastes des traitements subis par toutes les victimes déportées ou non, les otages les prisonniers…  il a insisté sur le traumatisme de toutes ces personnes qui ont perdu leur identité et qui ressentent toujours un sentiment de culpabilité pour avoir survécu alors que tous les autres sont morts.

Quelles ont été les relations de Marga avec les Aschoff et particulièrement avec Anni après la guerre? Marga et Menne sont restés vivre en Allemagne à Ahlen et les Aschoff sont devenus leur vraie famille; il s’est créé des rapports extrêmement forts entre les deux femmes. Karin est partie s’installer aux Etats-Unis où elle a travaillé comme traductrice à l’ONU et a fondé un foyer.

Les noms de tous les membres de la famille Aschoff, ainsi que ceux des autres fermiers allemands qui ont sauvé les Spiegel, sont immortalisés comme “Justes parmi les nations” sur le mur d’honneur du Mémorial de Yad Vashem à Jérusalem.

Françoise Flieder


Journal de Janvier 2011 : témoignage d’un élève sur la séance du film “Promesses”

26 janvier 2011

Pour rendre compte de cette séance, il nous  a paru impératif de donner la parole  à Mehdi Hassouni, un des élèves présents  de Terminale du Lycée Saint-Dominique.

“Promesses” est un film unique en son  genre, de par le fait que le message de paix  qu’il prône a pour base les paroles d’enfants  palestiniens et israéliens, qui vivent le  conflit au quotidien.

Ces enfants ont une vision étonnamment  claire de la guerre, ou du moins des divisions sociales, tensions et souffrances humaines qu’elle engendre. De leur point de vue, la société, auparavant unie par la paix entre Musulmans, Chrétiens et Juifs locaux, apparaît divisée en deux camps : les Palestiniens et les Israéliens. Dans chacun des camps, certains aspirent à la paix, d’autres veulent l’éradication du camps adverse.

Aussi, malgré le fait qu’ils ne vivent qu’à quelques kilomètres les uns des autres, les protagonistes de ce film sont pourtant séparés par deux “murs”: le premier “mur” est celui de la guerre (barrages mis en place par l’armée israélienne) et le second est celui de leur appartenance sociale : (Arabes/Hébreux, Palestiniens/Israéliens, Musulmans/Juifs).

A travers leur discours, on voit très bien qu’ils ont d’ores et déjà reçu bien des préjugés quant à la société de l’autre côté des murs, des préjugés issus de leurs familles, ces préjugés auxquels on peut parfois adhérer sans réfléchir, en écoutant une discussion politique lors d’un repas de famille, laissant ainsi les sentiments l’emporter sur la raison. De plus, ils justifient leur droit de propriété sur le sol de la Palestine (et notament sur Jérusalem) grâce aux interprétations qu’ils ont de la Torah et du Coran.

Mais on dit bien que “la vérité sort de la bouche des enfants”. Alors, si certains de ces enfants croient en la paix israélo-palestinienne, peut-être est-elle vraiment possible. Cette croyance s’est vue partagée par les élèves du lycée Saint-Dominique à la sortie du débat sur ce conflit. Ce qui est encore plus apprécié est le fait que même les citoyens de pays bien loin du Proche-orient œuvrent à la résolution pacifique de ce conflit qui n’aura que trop duré. En tout cas, cette paix aujourd’hui demeure un idéal, non un fait, et le seul espoir que ces deux peuples puissent cohabiter pacifiquement, sur une même parcelle de terre, réside dans l’éventualité que les enfants apprennent à se connaître, se défaisant ainsi des préjugés que leur ont inculqués leurs prédécesseurs sur le camp adverse. Egalement, il faudra rendre justice à tous ces crimes de guerre commis lors de ce conflit avant de pouvoir entamer toute négociation pour la paix, car l’Homme a trop d’amour propre et, ne sachant souvent pas pardonner, il crie “justice” avant de penser “paix”.

Mehdi Hassouni

 

 


Programme 2010-2011: “Welcome”

14 octobre 2010

Séance du mardi 7 décembre 2010

Les sans papiers

Welcome

Date de sortie : 2008

Réalisateur : Philippe Lioret

Débatteur : Philippe Lioret

Durée : 1h50

Afin de se valoriser auprès de son épouse, un maître nageur de Calais prend le risque d’aider en secret un jeune homme kurde qui désire traverser la Manche à la nage pour retrouver son amie en Grande-Bretagne…


Programme 2010-2011 : “Nuit noire, 17 octobre 1961″

14 octobre 2010

Séance du mardi 9 novembre 2010

La guerre d’Algérie

Nuit noire, 17 octobre 1961

Date de sortie : 2005

Réalisateur : Alain Tasma

Débatteur : Alain Tasma

Durée : 1h48

 

Août 1961, le conflit algérien touche à sa fin. La police décrète le couvre-feu pour les Algériens de France. Le 17 octobre a lieu à Paris, une manifestation qui se veut pacifique contre le couvre-feu. Elle est sévèrement réprimée. Au petit matin de nombreux cadavres sont repêchés dans la Seine. Malgré de très nombreuses protestations venant de tous les bords, le gouvernement de l’époque a essayé d’étouffer l’affaire…


Témoignage du dernier déporté homosexuel connu

23 septembre 2010

Le 25 septembre 2010 est dévoilé eau camp de Natzweiler-Struthof une plaque honorant les déportés pour motif d’homosexualité. À 97 ans, Rudolf Brazda serait le seul survivant de la déportation homosexuelle et il évoque, dans un long entretien vidéo à Yagg, ses années de détention au camp de Buchenwald. Son témoignage, précis et bouleversant, il l’avait d’abord livré à partir de 2008 à Jean-Luc Schwab, de l’association Les « Oublié(e)s » de la Mémoire, qui en a tiré un livre rigoureux et documenté, Itinéraire d’un Triangle rose.

CONDAMNÉ DEUX FOIS POUR HOMOSEXUALITÉ
Fils d’émigrés tchèques en Allemagne, Rudolf Brazda a tout juste 20 ans quand Hitler accède au pouvoir. Rudolf vit ouvertement son homosexualité et très vite, il subit la répression, liée au durcissement de la loi criminalisant les actes homosexuels, le fameux Paragraphe 175.

En avril 1937, alors qu’il vit à Leipzig, Rudolf est arrêté une première fois au titre du Paragraphe 175 et condamné à six mois de prison ferme. Exilé dans les Sudètes, devenu territoire allemand, Rudolf est à nouveau condamné en 1941, et une fois la peine purgée et en raison de son homosexualité, déporté au camp de concentration de Buchenwald, où il arrive le 8 août 1942. Il porte le matricule 7952 et on l’affuble d’un triangle rose.

Les conditions de détention sont extrêmement difficiles dans ce camp situé en territoire allemand et où seront d’abord enfermés des prisonniers allemands puis, lorsque la guerre éclate, ceux en provenance des pays occupés. Bien que Buchenwald n’ait pas été un camp d’extermination, le nombre de morts y est très élevé puisqu’on estime que plus de 56000 prisonniers (sur les 238000 qui y furent incarcérés) sont décédés dans le camp, soit exécutés, soit par épuisement ou maladie.

Lire la suite sur Yagg ICI.


Aux funérailles de la mémoire

19 avril 2010

Paru dans le journal d’Avril 2010

Auschwitz-Birkenau, commémoration du 27 janvier 2010

Tous les ans, le 27 janvier, est commémorée la libération du camp d’Auschwitz. Cette année, pour le 65ème anniversaire de cette libération, la commémoration se devait d’être plus solennelle qu’à l’accoutumée et les derniers témoins plus et mieux entendus encore. Apparemment ce ne fut pas le cas et cette cérémonie “sans âme et sans égard pour les victimes”, n’a été, semble-til, qu’“officielle”. Cest en tout cas ce qui ressort du remarquable témoignage paru dans le Libération du 14 février dernier, de l’écrivain Catherine Herszberg qui, avec beaucoup de talent et d’humour (il en faut une sacrée dose dans certains cas), raconte sa visite à Auschwitz en compagnie de l’une des deux rescapés de sa famille. Intéressés par ce témoignage et surtout par le problème qu’il pose au “passeur” de mémoire que notre association s’applique à être, nous avons contacté Catherine Herszberg qui avec une grande gentillesse et générosité, nous a proposé de publier l’extrait ci-dessous.

“Je viens d’une de ces tribus où les camps ont une puissance de réalité telle que leur évocation ponctue les causeries les plus ordinaires. Sans drame, ou exceptionnellement, ou en passant, ou juste comme ça, le camp surgit dans la phrase puis la quitte aussitôt comme il en va du vocabulaire quotidien. Aussi n’ai-je jamais eu envie de voir Auschwitz- Birkenau, jamais. Mais tout récemment, à l’occasion du 65ème anniversaire de la libération du camp, l’une des deux rescapés de ma famille a manifesté le désir de s’y rendre une fois encore, la dernière, sur les traces de sa mémoire et pour dire adieu aux siens.

Y aller avec Régine, cette toute petite femme rétrécie au fil des ans, 90 ans, d’une vitalité à épuiser un enfant, était une occasion sans doute sans lendemain. “Je viens avec toi. – Ah ! quel bonheur…” Plus question de reculer.

Pourtant l’affaire m’a vite paru mal engagée. Et d’abord le courrier de la puissance invitante, le secrétariat d’Etat à la défense et aux anciens combattants. “Il m’est particulièrement agréable de vous convier (…) à accompagner le ministre pour ce déplacement symbolique.” J’ai pensé : Auschwitz est j’espère trop réel pour devenir symbolique.

Et aussi : les déportés n’accompagnent personne dans les camps, ils y reçoivent.

Et encore : a-t-on besoin de figurants pour la photo?

Mais il y a des sujets, comme celui-là, où on est très pointilleux et on avance tous sens dégainés. Il fallait tempérer. La formulation était maladroite mais le coeur devait y être. J’avais mauvais esprit. A quelques jours du départ, on a reçu le programme de la journée dans une enveloppe aux couleurs de la France, certifiée ministère de la Défense. Au milieu de l’enveloppe, imprimé sur un sticker, mon nom ès qualité : C. H., Accompagnatrice, Union des déportés d’Auschwitz. “Allo, t’as reçu ta convocation? – Oui, Régine. – Ils ont mis quoi sur ton enveloppe? –Accompagnatrice. Et sur la tienne? –Ancienne déportée. – Sur l’enveloppe?… Ils ont mis ça sur l’enveloppe?! – Oui, sur l’enveloppe.” Ils auraient dû mettre le numéro, m’a dit un ami. Mes amis aussi ont mauvais esprit.

Le 27 janvier, à 5h du matin, on a rejoint l’avion officiel. A bord, quelque 170 passagers, le ministre et sa troupe, des personnalités, des parlementaires, des lycéens… et seize anciens déportés de 80 ans bien passés. Nous nous sommes posés à Cracovie par – 17° pour embarquer dans des bus direction Oswiecim. A chaque bus son “chef de groupe”. La nôtre fit preuve d’un talent certain pour l’animation collective. Puisque le bus transportait des déportés et des lycéens – lauréats, qui plus est, du concours national de la Résistance –, ils allaient se causer.

A voix haute. Au micro. On appelle ça la transmission de mémoire. La chef de groupe : “Madame M. venez, venez vous asseoir devant, prenez le micro, venez témoigner pour les jeunes et eux vous poseront des questions”. La voix de Madame M. s’élève dans le bus, au micro, entraînée malgré elle dans le circuit découverte de l’extermination. “Mes parents et dix de mes frères et soeurs ont été gazés dès le départ…”

Trois jeunes lycéens ont pris place à ses pieds, tendus vers la transmission de mémoire… “Et le SS était capable de prendre mon numéro et de me fusiller…”

Madame M. sollicite les adolescents pour qu’ils posent des questions…“Vous n’imaginez pas ce qu’était l’appel, dans le froid glacial, nus, pendant des heures…” Madame M. insiste pour entendre des questions, les lycéens sont à la peine… “Et la faim? heureusement vous ne savez pas ce qu’est la faim…”

Au fond du bus, la conversation a repris normalement – la mémoire y avait sans doute déjà été transmise…“Les cheminées brûlaient constamment…” Les lycées ont fini par dénicher quelques questions…“Il y avait une odeur à Auschwitz qu’on ne peut pas oublier…” J’ai pensé que cette voix allait sans fin s’écouler du micro, couvrant sans l’effacer le brouhaha des conversations et soudain, ce fut irrépressible, j’ai bondi au fond du bus vers la chef de groupe: “Vous allez nous faire subir ça jusqu’au bout? C’est obscène!…” La chef de groupe (professionnelle) : “Pour toute réclamation, adressez-vous au service du protocole”. Autour de nous quelques parlementaires avaient écouté, surpris et muets.

Ce n’était donc pas obscène. J’avais mauvais esprit.

[…] Dans l’avion, au retour, les langues se sont déliées sur cette invraisemblable commémoration, la dernière où s’étaient joints des survivants a répété la presse du jour et du lendemain qui n’y avait rien vu.

Quant à moi, ce 27 janvier 2010 à Auschwitz-Birkenau, j’ai eu la sensation bouleversante d’avoir participé au cortège funéraire de la mémoire.”

Catherine Herszberg


Adaptation théâtrale de l’oeuvre de Sam Braun

17 mars 2010

A la Cartoucherie à la rentrée

Les Larmes d’Auschwitz, adaptation théâtrale du livre de notre ami Sam Braun, Personne ne m’aurait cru, alors je me suis tu” paru aux éditions Albin Michel, sera créée à La Cartoucherie – Théâtre de L’Epée de Bois en octobre 2010, avant de se produire au Centre Culturel des Trois Pierrots de Saint-Cloud le 23 novembre 2010. Une tournée en 2011/2012 suivra ces premières productions.

Le témoignage de Sam Braun démarre à Clermont-Ferrand oùil est arrêté par la milice française en compagnie de son père, de sa mère et de sa petite sœur.Il partira ensuite pour Drancy, puis Auschwitz jusqu’au 18 janvier 1945. Il participera ensuite à « la marche de la mort » pendant quatre mois jusqu’à sa libération à Prague par des membres de la Résistance tchécoslovaque.

De ce témoignage extraordinaire par l’émotion qui s’en dégage et son pari humaniste, un message envers un large auditoire (scolaires à partir de la 3° et tout public).

Ce spectacle a déjà reçu le soutien de l’A.P.H.G (Association des Professeurs d’Histoire et Géographie), du Rectorat de Paris, et du Rectorat de Créteil.

Production Trans Europe Théâtre
Portable production : 06 32 56 61 87
Couriel : transeuropetheatre@wanadoo.fr
Blog : http://transeuropetheatre.over-blog.com/


Visite à Izieu

17 mars 2010

Nouvelle visite d’un lieu de mémoire

Mémoire 2000 organise au mois de mai une visite à la Maison des Enfants d’Izieu avec une classe de CM2 de l’école Henry Hatrel de Deuil-la-Barre.

Nous sommes à votre disposition pour vous aider à organiser des voyages à Izieu, au Centre de l’Histoire de la Déportation et de la Résistance de Lyon, au camp du Strutthof, et aiutres lieux de mémoire. Merci de nous contacter ICI.


Paroles de témoin…

4 février 2010

Addy Fuchs parle de son travail de témoignage dans les écoles.

Vu au Café Pédagogique

Le point de vue du témoin
Par Nicole Mullier

Addy Fuchs est né le 26 février 1926 à Paris de parents polonais venus dans la France des droits de l’homme. Il est pris en voulant franchir la ligne de démarcation. Déporté en 1942 au camp de concentration de Blechhammer qui est rattaché au complexe d’Auschwitz en 1944, il passe au cours des marches de la mort par Gross-Rosen, le petit camp de Buchenwald, et Langenstein où il est sauvé par les Américains. Depuis longtemps, Addy témoigne dans les écoles, les collèges et les lycées.

Addy, tu témoignes dans les écoles primaires depuis longtemps, alors que les déportés étaient plutôt hostiles à cette action chez les petits. Comment cela se passe-t-il ?

Depuis que j’ai vu témoigner une enfant cachée au lycée Edgar Quinet, je me suis rendu compte qu’eux aussi avaient souffert. Cela m’a donné l’idée de faire témoigner dans une classe un enfant caché et un déporté.

Je fais partie d’une association, l’AMEJD (Association pour la Mémoire des Enfants Juifs Déportés) du Xe qui pose des plaques commémoratives dans les écoles avec les nom, prénom et âge des élèves nés juifs, déportés pendant la seconde mondiale.

Pour préparer cette cérémonie, nous rencontrons les professeurs des écoles, des parents d’élèves. Les enfants ont eu un cours d’histoire auparavant. Ils sont invités à poser des questions à un enfant caché et un déporté qui interviennent ensemble. Aussitôt une forêt de doigts se lèvent. Je montre aux enfants, mon étoile, mon tatouage et mon costume rayé.

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Carte d’identité nationale

24 janvier 2010

Paru dans le Journal de Janvier 2010

Je suis né en 1936. Mon père était étranger, il a été naturalisé en 1938. Le gouvernement de Vichy lui a retiré la nationalité française en 1942.

Vichy n’était plus la république, mais c’étaient des Français qui administraient, délivraient les papiers, faisaient fonctionner la police…

En 1945 la République a été rétablie, les décrets pris sous Vichy abolis (pas tous).

La carte d’identité de mon père rétablie. Elle portait même le N°2, le N°1 étant celle du général de Gaulle.

Qu’est-ce qu’être français? Il ne faut pas oublier que c’était aussi cela. Depuis lors, je n’accepte plus d’avoir une carte d’identité infalsifiable : on ne sait jamais.

– Daniel Rachline


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