Journal d’Avril 2012: Évian, les accords de la honte

18 avril 2012

Les membres des délégations française et algérienne emmenées respectivement par Louis Joxe et Krim Belkacem pour la signature des accords d'Évian

Voilà bien un sujet qui me révulse: comment, 50 ans après, peut-on seulement concevoir, avoir l’impudence de “célébrer” ces funestes accords? Certes, me dira-t-on, il fallait bien y mettre fin, à cette “maudite guerre” d’Algérie. J’en suis d’accord, encore que, plus certainement, on aurait pu éviter de la faire, ce qui aurait évité à la France d’y perdre sa dignité et son âme. Si l’on avait prêté une oreille attentive à ce que répétait Camus depuis 1938 (!), si l’on avait seulement pris la peine de s’intéresser aux populations en question, et pris conscience de la réalité, peut-être aurait-on pu éviter l’explosion? Mais qui se souciait alors des Arabes et des Français d’Algérie? Qui, en métropole, savait qui ils étaient? Personne, et surtout pas nos gouvernants. Mais bon. On avait donc déjà, dans cette affaire, perdu son âme en s’abîmant dans la torture (Camus, encore lui: Chacun s’autorise du crime de l’autre pour aller plus avant), on allait à présent perdre sa dignité et son honneur dans des “accords” scandaleux: les deux parties n’ont rien fait d’autre que de se mettre d’accord sur le dos des “autres”, à savoir les Musulmans d’Algérie et ces maudits Pieds Noirs, que l’on a fini par considérer comme les principaux responsables de cette tragédie. M. Defferre, maire de Marseille, avait bien proposé de rejeter cette  “racaille” à la mer, mais on n’a quand-même pas osé. Il n’empêche, l’accueil de la “mère-patrie” à ces “quelques vacanciers”, comme a pu le dire un ministre, ne fut pas des plus chaleureux (Camus toujours: et qu’ils m’accueillent avec des cris de haine).

Voyons à présent ce que disaient ces accords:

—En premier lieu, fin de toute opération militaire et de toute action armée le 19 Mars 1962. Or, dès le lendemain, des dizaines de Français d’Algérie étaient enlevés et massacrés, ce à quoi l’OAS répondait évidemment par des attentats contre les Musulmans. L’armée française, toujours présente, laissait faire. Sérieux accroc dans les accords, mais qui a protesté?

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Les visiteurs de notre blogue en 2011

11 janvier 2012

Les lutins statisticiens chez WordPress.com ont préparé un rapport annuel 2011 pour ce blogue. Voici un extrait:

The concert hall at the Sydney Opera House holds 2,700 people. This blog was viewed about 14 000 times in 2011. If it were a concert at Sydney Opera House, it would take about 5 sold-out performances for that many people to see it.

Cliquez ici pour voir le rapport complet.


Journal de Juillet 2011: une reconnaissance encourageante

5 septembre 2011

Dimanche 26 juin, dans la très belle salle de la Mairie de Saint-Mandé, le B’nai B’rith (organisation juive internationale), à l’occasion de sa convention annuelle, a remis le Prix des droits de l’homme à notre président, Bernard Jouaneau.

Ce prix est décerné chaque année par le B’nai B’rith et Bernard Jouanneau vient enrichir la liste prestigieuse des personnalités auxquelles ce prix a déjà été décerné.

Sur les dix candidats proposés pour recevoir cette distinction, le choix s’est porté sur notre Président en hommage à son long et profond engagement à la défense des droits de l’homme et à ses actions inlassables pour les faire respecter.

Au cours de la cérémonie, Mme Adda Sadoun, chargée des relations internationales du B’nai B’rith, a fait un bel éloge de la carrière et des actions menées par Bernard Jouanneau.

Très ému, Bernard a brièvement répondu à cet éloge, avant qu’une très belle sculpture, réalisée par Myriam Sitbon-Mendel, ne lui soit remise sous une standing ovation.

Nous félicitons bien affectueusement notre Président dont la reconnaissance, qui lui revient, rejaillit sur nous tous et constitue un bel encouragement pour Mémoire 2000.


“Avis de recherche” de Fela Galewski

1 avril 2011

Je vous serais très reconnaissante de bien vouloir me communiquer toute information que vous pourriez avoir au sujet de Fela GALEWSKI, née en Pologne juste au moment de la guerre. Le nom de son père était Henryk Galewski demeurant à Lodz en Pologne.

Isabelle Choko

Isabelle Choko , 162 rue de Silly – 92100 Boulogne. Mail: isabelle.choko@dbmail.com


Compte-rendu du colloque sur «l’art, la science et l’expert», organisé à la Maison du Barreau le 10 février 2011

6 mars 2011

Le beau, le juste, le vrai

Un grand merci à Maître Bernard Jouanneau d’avoir convié les membres de l’association «Mémoire 2000» à participer au passionnant colloque : « l’art, la science et l’expert », organisé à la Maison du Barreau le 10 février dernier.

L’allégorie de l’esclavage, représentée par la négresse de Carpeaux : «la négresse, avec la corde qui lui attache le dos et lui froisse les seins, lève au ciel la seule chose encore libre : son regard désespéré et accusateur à la fois» disait Théophile Gautier, fut le fil conducteur symbolique de cette journée.

Tout au long de ce colloque, nous avons pris conscience du questionnement du magistrat, de l’avocat, qui s’en remettent, le plus souvent à leur «intime conviction», alors que la rigueur de la science et des techniques modernes implacables, opposent un verdict rédhibitoire.

C’est ainsi que des experts tels Stéphane Théfo d’Interpol, qui lutte contre le trafic illicite des biens culturels, ou Ian Lanson de Scotland Yard, ont exposé toutes les nouvelles techniques d’analyses mises à la disposition des spécialistes : thermoluminescence, microscope à balayage, scanner, faisceau à particules (utilisé par Philippe Walter, directeur de recherche au CNRS). L’intérêt de ces méthodes sophistiquées est qu’elles n’altèrent pas les oeuvres d’art et donnent en quelques minutes l’origine et la date de l’oeuvre, s’opposant aux analyses stylistiques,qui ouvrent parfois le feu du débat judiciaire! Exemple : la sculpture égyptienne de «Sésostis III», achetée 4,6 millions de francs par le Louvre, s’est avérée de facture moderne quelques années plus tard!

Mais, «il n’y a pas de vérité judiciaire absolue qui s’oppose à la vérité scientifique absolue». L’important est d’apprendre à se parler, à partager cette richesse du savoir.

« Savoir que le Savoir peut ne pas savoir, demeure le plus grand Savoir » Tchouang Tseu .

En synthèse, Anne Bouquillon (chercheuse au C2RMF) a justement commenté que «la révélation de l’authenticité passe par les savoirs croisés», ce qui devrait être la notion partagée par tous.

Tout au long de cette journée, on découvrait la difficulté du juge qui est «au carrefour de toutes les tensions de la société» (Marie-Christine Courboulay), celle aussi de l’avocat qui voit, évalue, mais peut se tromper comme tout un chacun (l’oeil ne voit que ce qu’il regarde et il ne regarde que ce qui est déjà dans l’esprit.) Apprendre à voir avec un oeil responsable, apprendre à communiquer, telles ont été les valeurs particulièrement soulignées. L’art est devenu une valeur transcendantale, au-delà de nous même, «l’art porte les valeurs de l’humain», ce qui est rassurant et fondamental.

Joëlle Saunière


Dossier pédagogique sur “Les Justes parmi les nations” préparé par Françoise Flieder pour notre séance du film “Marga” de Ludi Boeken

12 février 2011

Les Justes parmi les nations : dossier préparé pour les professeurs des écoles dans le cadre de la projection du film “Marga” de Ludi Boeken, en présence du réalisateur, le 7 février 2011. (cliquez sur le lien qui précède)


Théâtre : “Les Cerises au Kirsch” de Laurence Sendrowicz du 23 février au 20 mars 2011

4 février 2011

Nous vous recommandons “Les Cerises au Kirsch – itinéraire d’un enfant sans ombre” le spectacle écrit et interprété par Laurence Sendrowicz dans une mise e  scène de Nafi Salah au Théâtre de la Vieille Grille du 23 février au 20 mars 2011. Durée du spectacle : 1 heure

Aller-retour entre passé et présent, questionnement sur la transmission d’une histoire familiale broyée par la grande Histoire, ce solo, interprété par son auteur, tisse deux voix d’aujourd’hui, celle du petit-fils et celle du  grand-père avec une voix d’hier, celle de l’enfant caché puis ballotté de home en home. Ces voix s’entremêlent, se complètent ou se démentent, sous le regard totalement démuni de la mère, qui ne peut jouer qu’un rôle muet  dans ce passage de relais.

Note de l’auteur et du metteur en scène :

« En 1942, personne n’aurait misé un sou sur le fait que je devienne grand-père un jour. »
Parce que soudain, acculée par l’urgence du temps qui passe, émerge une génération qui ne commence qu’aujourd’hui à comprendre de quel traumatisme elle est issue, nous avons décidé de nous lancer dans l’aventure qu’implique la création d’un texte sur un sujet aussi dangereux (dans tous les sens du terme) que la transmission d’un passé déchiqueté par le plus grand drame du XXe siècle… Car parmi ces voix qui veulent à tout prix éviter les clichés et le pathos, qui oscillent, toujours en équilibre instable, entre embarras, rire et larmes et peuvent se briser à chaque pas, il y a la
nôtre – tentative de mettre en mots une famille anéantie, une mémoire qui se reconstruit.

Laurence Sendrowicz et Nafi Salah


Laurence Sendrowicz est auteur dramatique et interprète. Elle a traduit le théâtre de Hanokh Levin qu’elle a contribué à faire connaître et à diffuser dans les pays francophones.

Nafi Salah est metteur en scène et a fondé sa propre compagnie, le Théâtre haNoded, basée à Jérusalem. En 1988, il s’installe en France et décide de se consacrer totalement à la peinture.

Les Cerises au Kirsch marque son retour au théâtre.

Théâtre de la Vieille Grille, 1 rue du Puits de l’Ermite, 75005 Paris. Métro Place Monge ou Censier Daubenton. (cliquez sur le texte qui précède pour accéder au site internet du théâtre)

Réservation au 01 47 07 22 11

Tarifs : 18 € (tarif plein), 13 € (tarif réduit), groupe 13 € (à partir de 8 personnes)

du 23 février au 20 mars 2011

du mercredi au samedi à 21h, dimanche 17h30


Journée internationale des droits de l’homme

10 décembre 2010

Ludmilla Aleexava, militante russe des droits de l’homme

Aujourd’hui le 10 décembre, c’est la journée internatinale des droits de l’homme.

Du site des Nations Unies :

« En cette Journée des droits de l’homme 2010 nous déclarons notre solidarité et notre admiration pour ces gens de mérite, hommes et femmes, jeunes et vieux, de toutes les nationalités et d’origines les plus variées qui s’élèvent avec courage pour proclamer les droits de l’homme »

–Navi Pillay, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, lors de la Journée des droits de l’homme, le 10 décembre 2010

Agissons pour que tous les jours soient la journée des droits de l’homme, pour tous !


Programme 2010-2011: “Welcome”

14 octobre 2010

Séance du mardi 7 décembre 2010

Les sans papiers

Welcome

Date de sortie : 2008

Réalisateur : Philippe Lioret

Débatteur : Philippe Lioret

Durée : 1h50

Afin de se valoriser auprès de son épouse, un maître nageur de Calais prend le risque d’aider en secret un jeune homme kurde qui désire traverser la Manche à la nage pour retrouver son amie en Grande-Bretagne…


Journal d’octobre 2010 : Adolf Eichmann de David Cesarani

13 octobre 2010

Adolf Eichmann par David Cesarani

Adolf  Eichmann de David Cesarani vient de paraître aux éditions Tallandier

Un livre de plus? Oui bien sûr et non parce que celui-ci apporte un éclairage nouveau (et passionnant) sur Eichmann et son entourage.

Il faut toujours se méfier d’une biographie, car à trop pénétrer dans le personnage “autopsié”, on peut avoir tendance à accorder des circonstances atténuantes. Ce n’est pas le cas ici.

Comment un homme dit normal, devient génocidaire? Banalité du mal? Homme ordinaire? Complice ou instigateur du massacre de millions de personnes? On n’en aura jamais terminé avec toutes ces questions. Césarini essaye d’y répondre. Il y réussit en très grande partie.

Il reste toutefois qu’Eichmann ressemble toujours à “un symbole impersonnel” comme disait Kessel.

Véritable descente en enfer. A lire pour toujours essayer de comprendre.

Daniel Rachline


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